Professions financières / Bpifrance / CosmiCapital / Newspace
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Bpifrance / CosmiCapital / Newspace
La France met sur orbite un premier fonds dédié au spatial
Trois ans après avoir remporté l’appel d’offres du Centre national d'études spatiales (Cnes) pour la gestion du fonds CosmiCapital, Karista annonce un premier closing à hauteur de 38 millions d’euros. CosmiCapital a vocation a investir dans le "Newspace". Ce segment du secteur spatial est née de l'arrivée de nouveaux acteurs sur un marché à l'arrêt. Profitant de la réduction des coûts et des échelles temporelles, ils bousculent le marché ces dernières années.
Pour le moment, ce sont essentiellement des fonds publics qui ont mis la main à la poche de CosmiCapital : le Cnes a investi 12 millions et la deuxième génération du Fonds national d’amorçage (FNA2), géré par Bpifrance, a injecté 20 millions. C’est là tout le cœur du travail de Karista à l'avenir : éduquer les investisseurs à cette nouvelle verticalité aux opportunités méconnues.
Il n’y a qu’à constater le temps long sur lequel CosmiCapital a réussi son closing. Même si ce fonds constitue une bonne nouvelle pour construire un écosystème français dans le Newspace, force est de constater que comparée à la dynamique américaine, la France a encore un immense chemin à rattraper. Peut-être les annonces présidentielles d’investissement à hauteur de 1,5 milliard dans le spatial, dont la moitié dédiée au Newspace, pourront changer la donne. Mais elles demanderont à être confirmées dans le temps. La volonté d'investir et de bâtir un écosystème implique que Bpifrance et le Cnes ne s’interdisent pas de collaborer avec d’autres acteurs à l’avenir. Bpifrance estime que son implication dans de tels projets pourrait être source d’émulation.
CosmiCapital va cibler la chaîne de valeur du spatial, mais il revendique de le faire de façon différente : en se focalisant là où il y a le plus de facilité à se positionner et à dégager du profit. Il y aura donc une priorité accordée au "downstream" (l'amont) à 70 %, à 25 % sur "l’upstream" (l'aval) et 5 % pourront être utilisés de façon opportuniste. Le premier nommé réunissant ce qui touche aux applications numériques de données spatiales et le second tout ce qui est en lien avec les infrastructures, systèmes et technologies.
L’objectif du fonds est d’obtenir un closing final à 70 millions d’euros. Une somme qui lui permet d’espérer réunir 15 à 18 participations à son portefeuille à terme, pour des tickets unitaires allant de 1 à 6 millions d’euros. L'aval repose sur des investissements davantage accessibles en termes de valorisation en Europe.
Karista a à l’esprit que la qualité de ses investissements lors des cinq prochaines années déterminera la possibilité de créer un nouveau fonds. Un des atouts majeurs de CosmiCapital pour y parvenir demeure le Cnes et l’Agence spatiale européenne (ESA), qui n’est pas uniquement un apporteur de fonds mais un fin connaisseur du marché qui va l’aider à déceler la pertinence des 3 à 4 investissements annuels prévus - tout comme Bpifrance a déjà soutenu 40 start-up ces dernières années et a acquis une expérience dans le domaine, en particulier dans l'amorçage. Le fruit de ces partenariats devrait permettre d’annoncer deux deals d’ici la fin de l’année.
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