ESG / COP26
ESG
COP26
Quelles leçons tirer de la COP26 ?
À l'issue de la conférence des Nations unies sur le climat dénommée COP26, la Commission européenne a soutenu le consensus atteint par plus de 190 pays après deux semaines d'intenses négociations. Pour les principaux pays européens, dont la France, la COP26 a permis de compléter le règlement de l'accord de Paris et de maintenir les objectifs de Paris, ce qui nous donne une chance de limiter le réchauffement de la planète à 1,5 degré Celsius.
La présidente de la Commission, Ursula Von der Leyen, a déclaré : "Nous avons progressé dans la réalisation des trois objectifs que nous avions fixés au début de la COP26 : premièrement, obtenir des engagements de réduction des émissions afin de ne pas dépasser la limite de 1,5 degré de réchauffement de la planète. Deuxièmement, atteindre l'objectif de 100 milliards de dollars par an de financement climatique pour les pays en développement et vulnérables. Et troisièmement, obtenir un accord sur le règlement de Paris."
Dans le cadre de l'accord de Paris, 195 pays se sont fixés pour objectif de maintenir le changement de la température moyenne mondiale en dessous de 2 °C et aussi près que possible de 1,5 °C. Avant la COP26, la planète était en passe de subir un dangereux réchauffement de 2,7 °C. Sur la base des nouvelles annonces faites pendant la conférence, les experts estiment que nous sommes désormais sur la voie d'un réchauffement compris entre 1,8 °C et 2,4 °C. Dans les conclusions du sommet, les parties ont convenu de revoir leurs engagements, si nécessaire, d'ici à la fin de l'année 2022, afin que nous soyons sur la voie d'un réchauffement de 1,5 °C, ce qui correspond à la limite supérieure des ambitions de l'accord de Paris.
Afin de tenir ces promesses, la COP26 a également convenu pour la première fois d'accélérer les efforts en vue de l'abandon progressif du charbon et des subventions inefficaces aux combustibles fossiles, et a reconnu la nécessité de soutenir une transition juste. La COP26 a également progressé sur les mécanismes qui vont permettre le fonctionnement des marchés internationaux du carbone afin de soutenir la coopération mondiale en matière de réduction des émissions. Par ailleurs il faut souligner l'engagement mondial en faveur du méthane, une initiative conjointe de l'UE et des États-Unis qui a mobilisé plus de 100 pays pour réduire leurs émissions collectives de méthane d'au moins 30 % d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 2020.
Pour beaucoup, à commencer par le Président de cette COP26, il était difficile de cacher leur déception à l’issue de cette grand-messe internationale où beaucoup ont essayé de jouer leur propre partition plutôt que rechercher le plus grand dénominateur commun. Mais c’était le cas à l’issue de la précédente COP et ce sera encore le cas après la COP27 qui se tiendra à Sharm El-Sheikh en Égypte l’an prochain. En dépit de nouveaux rapports catastrophiques du GIEC.
Trois leçons peuvent néanmoins être tirées de ce sommet comme des autres réunions consacrées à l’urgence climatique. Il ne faut pas désespérer de ces réunions qui sont présentées comme des évènements mondiaux et suscitent toujours bien trop d’espoirs. Le travail des lobbys, la difficulté de réunir l’unanimité entre grands et petits pays et les contingences économiques du moment compliquent toujours la tâche. En revanche il faut toujours se dire que la somme des initiatives individuelles, qu’elles émanent de groupes industriels, de consommateurs ou de gouvernements crée un mouvement concurrentiel qui finit par entraîner le plus grand nombre dans son sillage. Sans coordination particulière.
Le deuxième point, est que le commerce est un levier essentiel pour faire bouger les comportements. L’Inde s’est opposée seule à l’utilisation des mots "suppression progressive" de l’utilisation du charbon dans le communiqué final de la COP26. Très bien, mais qu’elle en supporte maintenant les conséquences et que les pays occidentaux diminuent leurs importations en provenance d’Inde ou dénouent leurs accords commerciaux bilatéraux. Il n’est plus possible qu’un seul pays ralentisse le mouvement de lutte contre le réchauffement climatique.
Enfin n’oublions pas que tous ces sujets ont beau relever de l’urgence climatique, ils ne peuvent produire des effets que sur le temps long. Et c’est là où il faut prendre conscience que le monde entier n’est pas engagé dans un changement radical de paradigme énergétique, mais dans une TRANSITION. Il s’agit là d’un mouvement qui se planifie à long terme, qui comporte des étapes à respecter, qui nécessite des accompagnements financiers mais aussi de l’action pédagogique. On ne peut pas demander à un groupe pétrolier d’arrêter du jour au lendemain de produire du pétrole. Ni à une entreprise d’infrastructures de bâtir en un an le parc d’éoliennes offshore dont la France a besoin. L’Allemagne, en stoppant d’un seul coup ses réacteurs nucléaires, a provoqué bien plus de dégâts que si elle s’était engagée à une transition douce. C’est peut-être moins satisfaisant pour les amateurs d’annonces spectaculaires. Mais c’est plus efficace pour toutes les parties concernées.
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