Fusions, Acquisitions / M&A / transaction
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M&A / transaction
Le M&A en Europe résiste encore mais pour combien de temps ?
Effet trompe l’œil. En raison de la guerre en Ukraine et la hausse des taux d’intérêt, la valeur des transactions mondiales ont baissé de 21% au premier semestre 2022 sur un an alors même qu’elles ont encore dépassé 2000 milliards de dollars, selon un rapport sur le M&A publié par le cabinet Allen & Overy. Elles ont également diminué en volume de 17%. "Il s’agit à ce stade avant tout d’une baisse relative par rapport à l’année 2021 qui avait été une année record en termes de M&A et particulièrement le premier semestre (qui avait connu une augmentation de 131% par rapport au premier semestre 2020). En tendance, la valeur du marché dépasse toujours les niveaux des années antérieures à 2018", précise à WanSquare Frédéric Moreau, associé chez Allen & Overy.
D’ailleurs, le capital-investissement n’a jamais été aussi présent sur le marché du M&A. Malgré la baisse du volume global des transactions, il représente en effet 26% du total des fusions et acquisitions depuis début 2022. La valeur globale des fusions et acquisitions financées par le capital-investissement a même augmenté de 2% pour atteindre un nouveau record au premier semestre.
Autre signe rassurant : les méga-transactions (de plus de 10 milliards de dollars) persistent. Ces dernières ont connu une hausse de plus de 10% en termes de valeur de transaction.
En termes de secteur, l’immobilier a été le seul secteur à connaître une croissance de la valeur des transactions, avec une hausse de 16%, ce qui lui a permis de réaliser un premier semestre record, malgré une baisse de 3% du volume des transactions. "On constate un rattrapage important du marché de l’immobilier et des infrastructures ainsi que des réaffectations d’investissements portées notamment par les datacenters, les centres logistiques, les résidences senior et étudiantes, les nouvelles formes de bureaux … ", détaille l’avocat. A l’inverse, le secteur de la santé a connu la plus forte baisse de la valeur des transactions au niveau mondial avec -45% et du volume, soit -31%. "En sortie de crise sanitaire, ces chiffres peuvent sembler un peu paradoxaux mais s’agissant du secteur général de la santé, il faut rappeler que l’on partait de niveaux très élevés parce qu’il a été un des secteurs au niveau mondial, et notamment aux Etats-Unis, des plus dynamiques et ce de manière récurrente au cours de ces dernières années", poursuit-t-il.
Coté zones géographiques, si la plupart des régions ont connu une baisse, la région MENA (Moyen-Orient et Afrique du Nord), est la plus touchée avec une baisse de 49% de la valeur des transactions et de 22% de leur volume. Et une fois n’est pas coutume, l’Europe s’est montrée relativement robuste. Le Vieux continent n’a connu qu’une légère baisse d’activité avec une diminution de seulement 4% de la valeur des transactions et de 8% en volume. Une belle performance quand la valeur des transactions aux Etats-Unis a baissé de 28% et le volume de 22%. "Reste à savoir désormais si le ralentissement en Europe ne sera pas plus fort au second semestre du fait d’un effet de décalage avec les Etats-Unis, l’Europe commençant à subir les conséquences de la guerre en Ukraine, de l’augmentation du prix des matières premières et de l’augmentation des taux d’intérêt ", prévient Frédéric Moreau.
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