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Axa réduit fortement son exposition aux marchés financiers
La dégradation de l’environnement macroéconomique ne risquait pas de la ralentir. La politique de réduction de l’exposition d’Axa aux risques des marchés financiers se poursuit activement. Le deuxième assureur européen a annoncé le 14 juillet la cession pour 660 millions d’euros d’un portefeuille de 16 milliards d’euros de contrats d’assurance vie et de retraite en Allemagne.
Ce portefeuille dit en "run-off", qui n’était "plus ouvert aux affaires nouvelles" - donc plus commercialisé - depuis 2013, est principalement composé de contrats en fonds général traditionnel, ceux-là même que le groupe s’est engagé à réduire drastiquement. A la clôture de cette transaction, qu’Axa prévoit pour le quatrième trimestre 2023, l’assureur "aur[a] réalisé une réduction de 24 milliards d'euros de réserves traditionnelles en fonds général sur les 30 à 50 milliards d'euros que nous avions fixés comme objectif", a ainsi souligné Frédéric de Courtois, le directeur général adjoint du groupe.
Un meilleur "mix"
Cette diminution d’ampleur du portefeuille de produits en fonds général traditionnel comporte des avantages évidents. D’une part, elle va nettement conforter l’amélioration du mix d’activités en vie, épargne et retraite, dans la mesure où ces produits d’épargne traditionnels sont peu rentables. La transaction devrait entraîner une réduction du résultat opérationnel du groupe d'environ 36 millions d'euros par an à partir de 2023 , a indiqué le groupe. Des bénéfices attendus biens faibles au regard des 16 milliards d'euros de risque associé au bilan à ces réserves. L’impact sur les résultat d’Axa paraît ainsi plus que compensé en termes de réduction du coût des capitaux propres.
D’autre part, au vu du taux moyen garanti de 3,2% offert aux clients dans le portefeuille cédé, "nous pensons que ces réserves représentent certaines des politiques d'épargne les plus risquées (du point de vue des taux d'intérêt) qu'Axa détient encore", notent les analystes de Jefferies.
Vers une amélioration du "bêta"
Mécaniquement, réduire cette exposition d’Axa aux marchés financiers pourrait améliorer la perception des investisseurs vis-à-vis de son cours de Bourse. L’effet devrait atténuer ce que l’on appelle le "bêta", c’est-à-dire la corrélation entre la volatilité de l’action Axa et de celle des marchés. Le bon accueil réservé par les investisseurs à une récente transaction du même type effectuée par Zurich Assurance, qui a cédé en juin des activités d’assurance vie en Allemagne au gestionnaire Viridium pour l’équivalent de 20 milliards de dollars de réserves, va d’ailleurs dans ce sens.
Depuis le début de l'année, le titre Axa a subi une baisse de 22% environ, comparable à celle des autres conglomérats européens du secteur, Generali accusant un recul de 23% et Allianz de 19%. Or, "cette performance ne reflète pas l'évolution décisive du groupe en termes de mix d'activités et de réduction de l'exposition aux marchés financiers", estime Jefferies. De plus, le groupe a prévu de lancer un rachat d'actions d’un montant de 400 millions d’euros après la clôture de l'opération, afin de compenser la dilution des bénéfices résultant de la cession.
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