Asset, Management / Tikehau / Tikehau Capital / Cécile Mayer-Lévi
Asset, Management
Tikehau / Tikehau Capital / Cécile Mayer-Lévi
Levée record pour la stratégie direct lending de Tikehau
Les difficultés dans lesquelles sont plongées depuis plusieurs mois les marchés de la dette bancaire n’empêchent pas les fonds de dette (privée) de prospérer. Au contraire. Tikehau Capital vient tout récemment d’annoncer le succès de la levée de fonds de la cinquième génération de sa stratégie de direct lending. Le gestionnaire d’actifs alternatif a réalisé une levée de fonds de 3,3 milliards d’euros en augmentation de 57% par rapport au millésime précédent, a-t-il indiqué le 29 juillet.
Cette levée de fonds comprend à la fois celle de Tikehau Direct Lending V ("TDL V"), le fonds flagship de la stratégie de direct lending du groupe, ainsi que des mandats sur mesure et des véhicules d’investissement dédiés.
"Nous avions levé 2,1 milliards d’euros pour la quatrième génération" en 2019, rappelle à WansQuare Cécile Mayer-Lévi, responsable de la dette privée pour Tikehau Capital. Cette augmentation de la taille ne signifie pas que les équipes délaissent un tant soit peu les petites sociétés. "Notre spectre reste identique, ciblant toujours des tailles d'Ebitda (excédent brut d'exploitation) comprises entre de 5 à 100 millions d'euros", souligne-t-elle, pour une fourchette de chiffre d’affaires encore plus large, allant de 20 à 1 milliard d’euros.
Le succès confirme tout à la fois le positionnement d'expert de Tikehau Capital sur le marché européen du direct lending et l’intérêt grandissant des investisseurs institutionnels pour cette classe d'actif, en particulier à l’international. En effet, 83% des souscriptions de capitaux du fonds proviennent de clients-investisseurs basés hors de France, et plus de 35% hors d'Europe, indique Tikehau.
Apparu lors de la crise bancaire historique de 2008, le concept offre il est vrai des solutions salutaires dans les environnements où la dette bancaire se grippe, comme c’est le cas depuis plusieurs mois. A plusieurs reprises, "les fonds direct lending ont pu prendre le relais dans des marchés enrayés où les syndications des banques sont restées bloquées", observe Cécile Mayer-Lévi. Cet environnement plus compliqué, "fait davantage rejaillir les atouts des fonds de dette, à la fois fiables et flexibles" et de la stratégie direct lending, "décorrélée des problèmes de marchés et se concentrant uniquement sur la qualité intrinsèque des sociétés", souligne la responsable.
Lancé en 2020, TDL V propose une large gamme de solutions de financement sur mesure destinées aux PME en Europe. Il s’agit notamment des financements "streched senior", unitranche, mezzanine et "PIK (pay in kind) notes". Le fonds direct lending de Tikehau "est en général réparti à 80% sur de la dette senior de premier rang unitranche, et à 20% sur de la dette subordonnée" qui sont souvent des dettes mezzanine ou "PIK", précise Cécile Mayer-Lévi. "Ces dettes payées en intérêts capitalisés ou in fine ont l’avantage de ne pas avoir d’impact sur les cash-flows libres de l’entreprise pour permettre de poursuivre les investissements et d’optimiser le rendement réservé à l’equity", ajoute la responsable.
Cette dernière génération de fonds de direct lending a déjà investi dans près de 55 PMEs en Europe, notamment au Benelux, en Espagne, en Italie, en Allemagne, au Royaume-Uni et en France, ainsi qu'au Canada.
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