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Climat : le G7 pas au niveau / Les entreprises françaises font bonne figure sur le Vieux continent
A quelques jours de la COP 27 à Charm el-Cheikh, le CDP, organisme de référence sur les données environnementales, et le cabinet de conseil en stratégie Oliver Wyman, tirent un constat peu rassurant.
Les objectifs actuels de réduction des émissions carbone fixés par les entreprises des pays du G7 sont compatibles avec un réchauffement climatique de 2,7°C en 2100, d’après leur étude (l’Accord de Paris sur le climat négocié lors de la COP 21 veut limiter cette hausse à 1,5°C). "Il n'est pas acceptable pour un pays, et encore moins pour les économies les plus avancées du monde, d'avoir des industries affichant si peu d'ambition collective. Ayant toutes ces informations, les gouvernements, les régulateurs, les investisseurs et le grand public doivent exiger davantage des entreprises à fort impact environnemental mais dénués d’objectifs climatiques", explique Laurent Babibkian, directeur mondial des marchés de capitaux du CDP.
Quel que soit le secteur d’activité étudié, les entreprises européennes s’en sortent bien mieux que leurs homologues américaines et asiatiques. "Le secteur de l’électricité́ en Europe, par exemple, est en avance sur tous les secteurs au niveau mondial, avec une trajectoire de réchauffement climatique à +1,9 °C. A titre de comparaison, les entreprises nord-américaines sont à +2,1°C et les entreprises asiatiques à +3°C. Les objectifs fixés par ce secteur en Europe sont beaucoup plus ambitieux, avec environ 80 % des émissions ciblées par un objectif de réchauffement climatique limité à +2°C voire même inférieur ", explique l’étude.
Dans le détail, les entreprises allemandes et italiennes ont les objectifs les plus ambitieux en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les positionnant sur une trajectoire de réchauffement climatique moyenne à +2,2°C, devant les entreprises françaises (+2,3°C), anglaises (+2,6°C) et américaines (+2,8°C). Les entreprises canadiennes sont, quant à elles, en queue de peloton, avec des objectifs menant à un réchauffement à +3,1°C en moyenne.
Entre 2020 et 2022, les entreprises européennes ont même amélioré leurs performances, passant d’une trajectoire de réchauffement climatique à +2,7°C en 2020 à une trajectoire à +2,4°C en 2022. "Ce progrès notable s'explique en partie par une augmentation rapide (de l’ordre de 85 %) du nombre d’entreprises s’étant fixé en 2021 des objectifs approuvés par l’initiative Science-Based Targets (SBTi) [partenariat entre le CDP, le Pacte mondial des Nations Unies, le World Resources Institute (WRI) et le Fonds mondial pour la nature (WWF) visant notamment à promouvoir les meilleures pratiques en matière de réduction de l'empreinte carbone, ndlr]", indique l’étude.
Plus largement, l'étude cite une étude du SBTi expliquant que les trajectoires bien au-dessus de l'Accord de Paris observées ici et là, sont en grande partie le résultat de l'absence totale d'objectifs fixés par les entreprises dans ces pays, plutôt qu’un manque d’ambition au niveau des objectifs mis en place.
Rappelons que selon le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec), une trajectoire à 2°C au lieu de 1,5°C implique une probabilité 10 fois plus élevée d'étés arctiques sans glace, une multiplication par 2,6 du nombre de personnes exposées à des événements de chaleur extrême, et un impact deux fois plus important sur les pêcheries marines et les rendements agricoles.
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