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Alten / R&D externalisée / Ingénierie et conseil en technologies / Simon Azoulay
Alten se dirige vers une nouvelle année record
La recherche et développement externalisée est-elle insensible au ralentissement économique ? Pour Alten, qui a repris le flambeau du plus important pure-player français et européen de l’Ingénierie et conseil en technologies (ICT) depuis l’absorption il y a deux ans d’Altran par Capgemini (Altran étant devenu Capgemini Engineering), la question se pose avec acuité alors que ses performances financières ne décélèrent pas. Le groupe dirigé et co-fondé par Simon Azoulay a vu son résultat opérationnel d’activité bondir de plus de moitié (+52,1%) au premier semestre, à 208,6 millions d’euros, a-t-il annoncé vendredi. En se hissant à 11,4%, la marge opérationnelle dépasse même le record de l’année dernière (10,9%).
La publication fin juillet d’un chiffre d’affaires en hausse de 30,9% à 1,8 milliard d’euros avait déjà révélé que le rythme de croissance, notamment organique (+19,8%), était - comme depuis plus d’un an - resté très soutenu, n’ayant absolument pas ralenti au deuxième trimestre au cours duquel l’activité s’est accrue de 30,4%. L’on pouvait craindre en revanche que l’évolution des salaires dans un contexte inflationniste où les ingénieurs sont très recherchés ne pèse sur la rentabilité. Il n’en est rien ou cela a été très atténué. L’amélioration du taux d’activité, la forte progression à l’international, où l’activité est plus rentable, ainsi que la gestion rigoureuse des coûts de structure, ont joué à plein.
Plus des deux tiers du chiffre d'affaires réalisé à l'international
L’objectif de réaliser plus des deux tiers du chiffre d’affaires à l’international, qui était visé pour le moyen terme, est d’ailleurs déjà atteint, avec 67,2% des revenus générés hors de France au premier semestre, contre 63,8% il y a un an. Et ce développement à l’étranger ne devrait pas ralentir alors que le groupe a pour le moment réalisé quatre acquisitions en 2022 pour un peu plus de 140 millions d’euros de chiffre d’affaires, toutes à l’international : une société spécialisée dans le Cloud et la transformation digitale en Espagne, une autre présente en Inde, aux Etats-Unis et au Canada spécialisée dans l’ingénierie produit, une acquisition dans les architectures cloud et la transformation digitale au Royaume-Uni, et un spécialiste du management de projets en Australie.
Pour la suite, l’exercice de prédiction sur la deuxième partie de l’exercice 2022, puis sur 2023, repose sur l'analyse de deux dynamiques qui s'opposent. D’un côté, le groupe bénéficie depuis mars de l’année dernière d’une forte reprise post-pandémique de l’activité qui ne donne aucune signe de faiblesse pour l’instant. Elle est la fois due au rattrapage des projets qui avaient été décalés en 2020 et à une forte demande liée aux évolutions technologiques dans la plupart des secteurs. Une situation où le marché est contraint par l’offre, et non par la demande, ce qui explique que le groupe soit très actif sur le front du recrutement, avec un objectif d’un effectif de 42 000 Ingénieurs fin 2022 qui devrait être dépassé.
Métier cyclique
De l’autre, il sera dangereux de faire totalement abstraction du fait que le métier de l’Ingénierie et conseil en technologies est (très) cyclique, dans la mesure où les clients considèrent leurs prestations comme une variable d’ajustements de leur base de coûts. Le risque de retournement de tendance n’est pas nul, surtout si l’on se projette sur 2023. Le second semestre 2022 semble en effet relativement sécurisé, le groupe tablant sur "une croissance organique satisfaisante, "bien supérieure à 10%".
Ce risque apparaît néanmoins tempéré par les grandes mutations technologies à l’œuvre sur quasiment tous les marchés du groupe. Notamment sur le premier d’entre eux, l’automobile, où le besoin de R&D est à la fois soutenu par les travaux sur la décarbonation avec d’importants investissements dans les filières batteries et hydrogène, et l’automatisation de la conduite. Mais l'on voit mal la tendance ralentir également dans l’énergie, qui profite des travaux sur la prolongation de la durée de vie du parc de centrales existants, avant même le lancements des projets de nouveaux réacteurs de nouvelles génération EPR dans le cadre du plan de relance du nucléaire. Quelle que soit la conjoncture, le secteur financier (banque, assurance) peut difficilement faire l’impasse aussi sur ses investissements dans ses infrastructures réseaux, le Cloud et la cybersécurité.
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