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Alten rattrapé par le ralentissement économique / Le groupe pourrait gagner à renforcer son exposition américaine
Les déceptions s’enchaînent de manière rapprochée pour le plus important pure-player français et européen de l’Ingénierie et conseil en technologies. Le groupe dirigé et co-fondé par Simon Azoulay a longtemps semblé insensible au ralentissement économique, mais celui-ci l’a finalement rattrapé en 2023, tandis que la reprise espérée ne cesse à présent d’être décalée.
Après avoir revu en baisse fin juillet ses prévisions de croissance et de rentabilité pour l'ensemble de l’année lors de la publication de chiffres d’activité légèrement en deçà des attentes, la société vient de réduire à nouveau sa prévision de croissance pour l'année en cours. Elle évoque, "à l'exception des Etats-Unis où l'on perçoit quelques signaux positifs", une multiplication des reports et décalages de projets en Europe. "L'activité continuera donc de ralentir au second semestre", prévient-elle.
Alten table ainsi désormais sur une croissance organique comprise entre 0,5% à 1% et 2024, au lieu d’une fourchette précédente de 1,1% à 1,4%. S’agissant de la rentabilité, le groupe confirme, par ailleurs, que sa marge opérationnelle d’activité sera comprise entre 8,7 et 8,9%, en deçà des 9,4% de 2023.
Force est de constater que la dégradation de la demande sous-jacente amorcée depuis le deuxième trimestre 2023 se poursuit, même si la gestion de l'entreprise n'est pas critiquable en soi. "Alten est un leader mondial du conseil en technologies doté d’un management fiable et d’un modèle de gestion maitrisé, ce qui s’est historiquement traduit par des réalisations supérieures aux prévisions initiales à l’exception de la période Covid", rappelle à cet égard le cabinet TP ICAP Midcap.
"Late-cyclical"
Le problème se situe dans le profil "late-cyclical" de l’entreprise, c’est-à-dire qu'elle est corrélée au cycle économique avec un décalage plus ou moins grand. Une caractéristique qui se retrouve "amplifiée par la nature de certains débouchés", ajoute TP ICAP Midcap, comme l’automobile, qui représentait 18,3% du chiffre d’affaires 2023, ou l’aéronautique (14,8%).
S’ajoute à cela le fait que les projets de digitalisation qui ont soutenu la croissance ces dernières années reviennent à des niveaux plus d’activité plus habituels, rendant la base de comparaison difficile.
L’ampleur limitée de la révision à la baisse de la prévision de croissance témoigne néanmoins de la capacité de résistance de l’entreprise. D’où la réaction en Bourse qui n’est pas très violente non plus, alors que l’action Alten chutait d’un peu moins de 4% vendredi, à 97,5 euros.
Par ailleurs, la société n’est pas dépourvue de solutions. Une partie du remède pourrait consister pour à se renforcer aux Etats-Unis, qui représentent seulement 11,5% de son chiffre d’affaires. Elle dispose des moyens pour cela. Avec une trésorerie nette de 267,2 millions d’euros à fin juin, la société souligne elle-même qu’elle "autofinance sa croissance, notamment externe, et dispose d’une capacité d’investissement significative".
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