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Suez / Sabrina Soussan / Développement durable / climat / biodiversité / responsabilité sociale / actionnariat salariés
Le nouveau Suez sera plus durable / Un plan d’action pour le climat, la biodiversité et la responsabilité sociale
La stratégie est désormais complète. Le nouveau Suez l’avait annoncé il y a quatre mois lors de la présentation de sa stratégie de développement : sa différenciation face à la concurrence se ferait en particulier au moyen de ses engagements de développement durable. L’entreprise dirigée par Sabrina Soussan a dévoilé cette semaine ses ambitions en la matière. Une feuille de route structurée autour de trois piliers : le climat bien sûr, mais aussi la biodiversité et la responsabilité sociale. Il est vrai que le domaine d’activité de Suez fait partie de ceux pour lesquels le développement durable est le plus naturel et a le plus de sens immédiat. "Nos métiers sont au cœur du développement durable parce qu’ils sont au cœur de l’économie circulaire, que ce soit dans l’eau ou les déchets ", rappelle ainsi à WanSquare, Sabrina Soussan, la présidente-directrice générale de Suez.
"Dans nos métiers, le développement durable signifie préserver la ressource", explique la dirigeante. Dans l'eau, à partir d’un modèle économique où les contrats passés par les collectivités auprès de Suez sont rémunérés au volume, l’innovation durable consiste à signer des contrats dits de performance, "c’est-à-dire des contrats qui incluent un objectif de réduction de la consommation d’eau", précise-t-elle.
La feuille de route de Suez prévoit ainsi l’engagement de proposer d’ici 2027 dans tous ses nouveaux contrats d’eau potable un programme d’économie d’eau jusque 10 % des volumes livrés. L’économie d’eau repose dans ce cadre sur la sensibilisation par Suez des consommateurs, avec une clause prévoyant une moindre rémunération pour le groupe si l’objectif n’est pas atteint.
Le principe du contrat de performance est le même dans le traitement des déchets, le groupe s’engageant auprès des collectivités à faire diminuer les volumes de déchets des habitants, toujours au moyen de la sensibilisation.
Vers l’auto-suffisance électrique
Pour Sabrina Soussan d’ailleurs, le terme de "déchets" n’est peut-être plus si adapté, "puisqu’ils peuvent être transformés soit en énergie soit en matière première secondaire ". Cette capacité à transformer les déchets en énergie est au cœur de la stratégie climat du groupe dont le premier levier est de contribuer à la décarbonation de l’énergie, grâce à l’autosuffisance électrique. Suez vise cette autosuffisance en Europe dès 2023. "L’un des axes est justement d’utiliser l’énergie que l’on produit principalement à partir des déchets et de façon plus secondaire par le traitement des eaux usées, pour notre propre consommation qui sera donc plus verte", explique Sabrina Soussan. L’autre axe consiste à installer par exemple des panneaux solaires sur les nombreux sites du groupe. L’énergie verte ainsi produite en interne fait l’objet de contrats d’achat d’électricité, ou PPA, pour la propre consommation du groupe. L’objectif est de porter d’ici 2030 la part des énergies renouvelables dans la consommation électrique totale de l’entreprise à 70 % au niveau mondial et à 100 % en Europe, contre 24 % actuellement en moyenne.
Pour le climat également, Suez s’engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES) ainsi que celles de ses clients. Le groupe veut diminuer de près de 40 % les émissions de ses activités Eau d’ici à 2030 et de plus de 25 % des émissions de ses activités Déchets d’ici 2030. Aller plus loin dans ce domaine passera par de nouvelles innovations technologiques. Si beaucoup de technologies sont déjà disponibles pour valoriser les déchets en énergie, il reste du chemin à faire pour améliorer la performance environnementale de ces activités de valorisation énergétique. "Dans un incinérateur classique, il y a 50 % de l’énergie qui est qualifié de renouvelable et 50 % qui est émettrice de CO2, c’est un sujet sur lequel on travaille", indique la présidente-directrice générale de Suez. Le groupe s’engage ainsi à investir 40 millions d’euros supplémentaires dans son programme de R&D dédié à la capture et à la séquestration de carbone.
L’interdépendance biodiversité et climat
La deuxième priorité de Suez, la préservation de la biodiversité, est elle-même étroitement liée au climat. La préservation des ressources en eau ou la production d’énergie ou de matières premières secondaires à partir des déchets agissent en effet des deux côtés. Si "le climat agit sur la biodiversité, la biodiversité agit également sur le climat, les deux sont en interaction", souligne Sabrina Soussan.
L’un des principaux leviers d’action dans ce domaine est la lutte contre l’artificialisation des sols : le groupe veut doubler chaque année d’ici à 2027 la superficie des surfaces renaturées qu’il exploite. De plus, le groupe cessera d’ici 2027 également l’utilisation de produits phytosanitaires sur l’ensemble des espaces verts des sites qu’il détient ou opère. Il proposera aussi, à chaque fois que c’est possible, dans tous ses nouveaux contrats d’assainissement des solutions d’élimination des microplastiques et des micropolluants.
Promouvoir l’actionnariat salarié
La feuille de route ne serait pas complète sans objectif en matière de responsabilité sociale. "Climat, biodiversité et responsabilité sociale, les trois composantes sont aussi fortes les unes que les autres, et interdépendantes", souligne Sabrina Soussan. Sur le plan social, favoriser l’insertion est un objectif important du groupe. Suez souhaite faire en sorte que, d’ici 2027, 5000 personnes par an puissent bénéficier de ses programmes d’insertion, contre 2300 aujourd’hui. Le groupe compte aussi augmenter la part des entreprises locales parmi ses fournisseurs, de même que la part des dépenses réalisées en faveur d’organisations inclusives.
Et, tandis que la question du partage de la valeur alimente beaucoup la réflexion des élites, Suez est déjà passé à l’action. Le groupe a finalisé ce mois-ci son premier plan d’actionnariat, qui a remporté un important succès, ayant porté en une seule fois l’actionnariat salarié à hauteur de 3 % du capital de l’entreprise. Mais Suez vise beaucoup plus haut. "Nous nous fixons pour objectif ambitieux de passer de 3 % aujourd’hui à 10 % à l’horizon 2027-2029, c’est un message très fort pour l’engagement des collaborateurs et l’avenir de l’entreprise", indique Sabrina Soussan.
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