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Macro-économie / Taux / Environnement / risque environnemental / biodiversité / BCE

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Quand Christine Lagarde parle baleines et biodiversité

La présidente de la BCE animait hier une table ronde sur la mobilisation des financements pour la biodiversité à l'occasion du One Planet Summit organisé par l'Élysée, et dont le thème central était la préservation de notre écosystème.
Baleine
Baleine

C'est hier que se tenait la quatrième édition du One Planet Summit organisé depuis quatre ans par l'Élysée, l'ONU et le FMI, et pour la première fois consacré à la biodiversité. Une trentaine de décideurs, dont le Premier ministre canadien, britannique ou encore la chancelière allemande et le président du Conseil européen se sont ainsi exprimés sur le développement de l'agroécologie, la lutte contre la déforestation ou encore la restauration des terres arables au Sahel. Une table ronde était consacrée à la mobilisation des financements pour la biodiversité, animée pour l'occasion par la présidente de la BCE, Christine Lagarde. Un choix qui n'est pas anodin puisque la présidente a fait du verdissement de l'institution de Francfort l'un des objectifs de son mandat. "La valorisation des services fournis par notre écosystème, que ce soit l'eau, la pollinisation ou la nourriture, est estimée aux alentours de 130 000 milliards dollars", a rappelé la présidente en préambule. "Et entre 20 000 milliards de dollars sont perdus chaque année via notre écosystème", a-t-elle poursuivi, citant l'exemple des pays contraints de recourir à la pollinisation mécanique faute d'abeilles. "Le coût de cette pollinisation par l'homme donne une petite idée de la valeur des services fournis par notre écosystème". Autre exemple des services rendus par Mère nature, celui des baleines, détentrices de capteurs de CO2 et dont le nombre a diminué de plus de moitié depuis la fin du XIXe siècle. En mars 2020 déjà, une étude publiée par les chercheurs du Muséum d'histoire naturelle et du CNRS avait fait grand bruit après avoir pointé du doigt que la population d'oiseaux des campagnes françaises avait chuté d1/3 en 15 ans, quelques mois après qu'une étude allemande ait quant à elle alerté sur la disparition en 30 ans de 80% des insectes volants en Europe. 

Dans ce contexte de disparition très rapide des espèces animales et végétales, que font les États et entreprises privées ? Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a souligné que son pays participait au financement de la lutte contre la destruction de l'écosystème via la reforestation, avec le déboursement de 4 milliards de dollars pour replanter 2 milliards d'arbres. Boris Johnson a de son côté rappelé que le Royaume-Uni avait attribué 3 milliards à la protection de la nature tandis que la première ministre norvégienne a invité à accroître les financements dans le domaine. "Il faut produire des subventions pour lutter contre tout ce qui nuit à la biodiversité, créer des partenariats public-privé a grande échelle et lever beaucoup plus de fonds dans le domaine", a déclaré Erna Solberg. De belles déclarations et des sommes citées par les États relativement modestes au regard de l'enjeu que représente la préservation de l'écosystème mondial, directement lié à celui de la lutte contre le changement climatique.

Les chefs d'États ont tout de même appelé à ce que 30% des investissements en faveur du climat soient aussi bénéfiques à la protection de la nature d'ici 2030, la France, la Norvège, le Canada et le Royaume-Uni ayant tous pris l'engagement formel d'atteindre cet objectif d'ici dix ans. Les responsables politiques présents et membres de la Coalition de la haute ambition pour la nature et les peuples se sont également engagés à convaincre le plus grand nombre de pays possibles d'endosser l'objectif de placer sous protection un tiers de la surface de la Terre d'ici 2030. L'Allemagne et l'Italie ont ainsi annoncé hier qu'ils ralliaient cette cause, qui compte pour l'instant une cinquantaine de pays seulement.

Du côté des initiatives privées, le président de Schneider Electric, Jean-Pascal Tricoire a rappelé que l'industrie avait un rôle d'exemple à jouer dans le domaine, tout en mettant au point des solutions pour préserver la biodiversité. "On ne peut pas résoudre ces problèmes seuls. Chez Schneider, nous nous sommes rendu compte que 90% de notre empreinte carbone et biodiversité était lié à celle de nos partenaires, nos clients, nos prestataires. Nous devons donc les aider à préserver l'écosystème", a déclaré le président, qui a souligné que son entreprise faisait partie d'Act for Nature, un réseau d'entreprises destiné à œuvrer ensemble pour la préservation de la biodiversité. Là encore, peu de chiffres ont été mis en avant pour expliquer la façon dont l'entreprise comptait financer la protection de l'écosystème mondial bien qu'elle se soit engagée à être neutre en carbone d'ici 2030 et à atteindre zéro perte nette de biodiversité dans sa production à la même échéance.

Le secteur financier s'est lui aussi manifesté à l'occasion du Sommet pour dévoiler ses initiatives prises dans ce domaine. La société de gestion dédiée à l'investissement durable Mirova a ainsi rappelé qu'elle comptait accélérer ses investissements directs dans le capital naturel et dans les Solutions fondées sur la Nature, afin d'atteindre son objectif d'1 milliard de dollars à horizon 2022. Mirova a notamment closé l'an dernier son premier fonds Agri3 dédié à rendre plus durables les financements agricoles bancaires. Autre initiative du secteur financier l'an dernier, la création par AXA IM, BNPP AM, Sycomore AM et Mirova d'un outil de mesure d'impact sur la biodiversité des entreprises cotées. L'outil, en cours de développement permettra aux investisseurs d'intégrer dans leurs évaluations des risques et leurs recherches, les impacts sur la nature et la biodiversité. "Ce qui peut être mesuré peut ensuite être mis en œuvre", a d'ailleurs rappelé Jean-Pascal Tricoire lors du sommet, précisant que Schneider avait également mis en place des dispositifs de mesure afin de pouvoir se comparer et progresser dans la préservation de l'écosystème.

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