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Le risque environnemental modifie les profils de crédit des entreprises

Macro-économie / Taux / Moody's / risque environnemental

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Moody's / risque environnemental

Le risque environnemental modifie les profils de crédit des entreprises

Selon l’agence de notation Moody's, le profil de crédit de certains secteurs d'activité est de plus en plus menacé par le risque environnemental, à mesure que les exigences en matière d’émission carbone se durcissent.
Moody’s
Moody’s

Les changements environnementaux entraînent une accélération de la transition vers une économie décarbonée, poussée par les pouvoirs publics. Cette transition modifie le paysage des profils de crédit des secteurs dont l'activité est liée à l'émission de carbone. Dans son rapport Global Heat Map, Moody's fait état de treize secteurs, représentant 3 400 milliards de dettes, considérés par l’agence comme exposés ou très exposés aux risques environnementaux dans leur profil de crédit. Cette étude éditée pour la première fois en 2015, puis en 2018, et à nouveau cette année, analyse l’exposition de 89 secteurs, représentants une dette de 79 000 milliards de dollars. Par rapport à l’étude précédente de 2018, la situation s'est fortement aggravée. Les montants de dette concernée ont augmenté de 49 %. Le secteur considéré comme le plus exposé est celui de l’exploitation et des terminaux miniers et houillers. Viennent ensuite les secteurs des utilities non réglementées, et les réseaux électriques qui sont aussi concernés par le risque environnemental pour leur qualité de crédit. Le champ des secteurs touchés comprend également l’exploitation pétrolière et gazière, les constructeurs automobiles, et la production de matériaux de construction et de produits chimiques de base.

Durcissement de la réglementation

Alors que les gouvernements mettent en œuvre les accords de Paris, les efforts de décarbonisation devraient s’intensifier au cours des prochaines décennies. L’agence Moody’s identifie seize secteurs au total, représentant une dette collective de 4 500 milliards de dollars, qui ont une exposition à la réglementation sur l'émission de carbone élevée ou très élevée en conséquence des mesures actuelles et à venir. Par ailleurs, environs 32 secteurs totalisant approximativement 6 900 milliards de dette, sont identifiés comme fortement exposés à la pollution de l’air, de l’eau, à la mauvaise gestion des déchets, et à la menace des ressources naturelles. Les secteurs concernés, qui doivent s’accommoder des nouvelles réglementations et de la vigilance croissante des investisseurs, sont principalement les exploitations de pétrole et de gaz, les producteurs d’électricité, les constructeurs automobiles et les mines concernant la pollution, et concernant l'eau, les produits chimiques, le fret maritime et les marchés émergents. Les marchés émergents sont en outre, aussi à risque du fait de l’accroissement de la fréquence et de la gravité des dangers d’origine naturelle ou humaine, comme les stress hydriques, susceptibles de causer des pertes économiques importantes.

Aggravation de la situation depuis 2018

Si la plupart des secteurs cités l’étaient déjà selon la carte des expositions au risque de Moody’s publiée en 2018, certains secteurs ont vu leur exposition empirer comme les exploitations pétrolières et gazières et les fournisseurs de pièces automobiles dont le risque est maintenant qualifié comme élevé. En revanche, concernant les utilities non réglementées, et les réseaux électriques, leur risque est passé de très élevé a élevé. Ces deux secteurs qui représentent 545 milliards de dette, ont bénéficié de leur inclusion progressive d’énergies renouvelables ou bas carbone. Les émetteurs européens ont beaucoup contribué à cette amélioration de la note puisque les politiques européennes en matière de carbone sont les plus anciennes. 

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