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Moody’s révèle les principales victimes du risque environnemental
Ce matin, l'Association Française de la Gestion financière (AFG) publiait pour la première fois les statistiques d'Investissement Responsable de la gestion d'actifs française. Et l'Investissement Responsable français a dépassé les 1.000 milliards d'euros en 2017. Une bonne nouvelle pour l'Hexagone, d'autant plus que cette tendance devrait se renforcer avec la mise en place du plan d'action de la Commission européenne sur la Finance Durable. Mais tous les secteurs ne sont pas logés à la même enseigne.
Depuis trois ans, Moody’s publie une enquête annuelle sur la part du risque environnemental dans le profil de crédit de 84 industriels, intitulée Global Heat map. Cette année, les secteurs totalisent une dette de 74,6 milliards de dollars, en hausse de 10% par rapport à l’édition de 2015. Et le risque de crédit lié à la réglementation carbone est de plus en plus pesant pour certains secteurs d’activités.
Car d’après un communiqué publié ce matin par Moody’s Investor Service, les objectifs fixés par l’Accord de Paris commencent à se faire sentir sur l’industrie. De fait, le profil de crédit de onze secteurs est fortement exposé aux risques environnementaux. "Le durcissement des cadres réglementaires applicables aux émissions de CO2 a un impact tangible, voire parfois, un effet déstabilisateur, à l’échelle internationale dans les secteurs les plus exposés."
Parmi les onze secteurs les plus exposés au risque environnemental, sans surprise, se situent en tête "les sociétés de services collectifs non réglementées et opérateurs de réseaux électriques", ainsi que "les terminaux miniers et houillers" qui totalisent à eux seuls 517 milliards de dollars. Ces deux secteurs représentent 23,5% de la dette caractérisée par une exposition "élevée" au risque de crédit environnemental.
Et, "les sociétés de services collectifs non réglementées et les fournisseurs d'électricité étant directement exposés à la pression politique en faveur de la réduction des émissions, ceci continuera à remettre en cause leur modèle économique et à peser sur les marges dans les marchés matures", souligne Rahul Ghosh, analyste senior VP chez Moody's. D’autres secteurs voient leur qualité de crédit se détériorer par la prise de conscience mondiale des enjeux environnementaux : la construction automobile, l’exploration pétrolière et gazière ou encore l’industrie des produits chimiques.
Parmi les autres secteurs étudiés, six d’entre eux représentant une dette de 1.800 milliards de dollars, passent du risque "faible" en 2015 au risque dit "modéré" aujourd'hui. Parallèlement, les projets de production d’électricité sont passés du risque "élevé-émergent" à "modéré", grâce à la réorientation vers la production d’énergie renouvelable.
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