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Macro-économie / Taux / Pays émergents / Moody's / risque

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Pays émergents / Moody's / risque

Pays émergents : attention danger !

Compte tenu de leurs vulnérabilités, Moody’s s’inquiète pour certaines économies émergentes en cas de reprise économique mondiale décevante.
Emergents
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Cette crise économique affecte le monde entier et les pays émergents ne sont donc guère épargnés. D’après l’agence de notation américaine Moody’s, en 2021, les Philippines, le Mexique et la Thaïlande verront leur Produit intérieur brut (PIB) en volume se situer environ 10 points en dessous de ce qu’il aurait dû être sans la survenance de la crise économique contre seulement 3 points de moins pour la Chine.

À l’image des économies avancées, en miroir de cette débâcle, les pays émergents ont vu leurs déficits budgétaires s’accroître sous l’effet de recettes moindres et de plans budgétaires d’urgence significatifs. Les déficits budgétaires vont augmenter d’environ 8 points de Produit intérieur brut (PIB) dans des pays comme la Pologne ou l’Afrique du Sud quand à l’inverse, ceux du Mexique, de la Chine ou de la Malaisie vont augmenter de 4 points de PIB maximum. Conséquence directe de ces budgets en fort déséquilibre, sur dix-neuf pays émergents étudiés par Moody’s, six d’entre eux vont connaître une hausse d’au moins de 10 points de PIB de leur dette publique (l’Afrique du Sud, le Brésil, l’Inde, la Colombie, la Thaïlande, les Philippines).

Et malgré le retour de la croissance économique et les baisses des dépenses publiques liées à l’expiration des plans d’urgence, ces niveaux de déficits et dette devraient rester, dans la durée, bien au-dessus de leur niveau d’avant-crise, selon l'agence de notation américaine. Ceci pourrait causer de grands désagréments aux pays émergents, ou du moins à certains d’entre eux. Rappelons que d’ordinaire, les premières victimes des situations de panique chez les investisseurs à travers d’importantes sorties de capitaux sont bien souvent les pays émergents. Or parmi ces derniers, il en existe qui sont particulièrement vulnérables à la chute des entrées de capitaux ou une augmentation des sorties, en partie parce que ces capitaux leur permettent de financer le déficit de leur balance commerciale ou leur déficit budgétaire. Et souvent, une partie de ces déficits sont financés en devise étrangère, c’est alors la double peine.

Or, un rééquilibrage de portefeuille de la part des investisseurs pourrait survenir pour nombre de raisons dans le cadre de la crise que nous connaissons, l’une d’entre elles, pourrait être celle d’une reprise de l’économie beaucoup plus décevante qu’anticipé, les investisseurs se replieraient alors vers les pays sûrs. À l’aide de son External Vulnerability Indicator (EVI), rapportant les remboursements des dettes à court et à long terme en 2021 aux réserves de change détenues par la banque centrale, Moody’s identifie trois pays particulièrement vulnérables à une situation d’arrêt des entrées de capitaux : la Turquie, la Roumanie et le Chili. Ils ont en commun d’avoir un déficit de la balance courante (pour simplifier, ils importent plus qu’ils n'exportent), celui de la Roumanie est de l’ordre de 3% du PIB quand ceux du Chili et la Turquie sont de 1%, et d’avoir une large part de leur dette libellée en monnaie étrangère – plus de 20% du total de leur dette pour les trois pays.

Pour couronner le tout, en plus d'avoir des fondamentaux macrofinanciers plus dégradés que nombre de pays émergents, la Turquie et le Chili possèdent une économie dont la structure joue en leur défaveur dans le contexte actuel. Ils sont parmi les pays "exposés à la faiblesse persistante de la demande mondiale ou à des changements de comportement des consommateurs qui affecteraient leurs secteurs orientés vers l'exportation, à savoir le tourisme et les produits de base, que nous avons identifiés comme les principaux canaux par lesquels le coronavirus aura un impact négatif sur les profils de crédit souverain", décrypte Moody's. Concrètement, concernant la Turquie, son exposition au tourisme pourrait peser sur les perspectives de reprise à moyen terme si la demande de voyages restait inférieure aux niveaux d'avant-crise pendant "une période prolongée", ou "si la réouverture des frontières internationales prenait beaucoup plus de temps". Le Chili, lui, comme les autres exportateurs de matières premières a pâti de l'effondrement de leur cours, cependant à long terme, le pays des poètes qui exporte principalement du cuivre pourrait profiter des "limitations de l'offre et la forte demande de batteries et d'infrastructures" susceptibles d'entraîner une hausse des prix du métal rouge.

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