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Macro-économie / Taux / Marchés financiers / Banque de France / risque

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Marchés financiers / Banque de France / risque

La Banque de France est préoccupée par le prix des actifs financiers

Le risque associé aux valorisations de marché actuelles est jugé "très élevé" et il va encore augmenter au cours des six prochains mois, estime la Banque centrale dans son rapport sur l’évaluation des risques pour le système financier.
Palais Brongniart -Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Palais Brongniart -Joao Luiz Bulcao / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

La Banque de France est inquiète. Les valorisations élevées des prix des actifs financiers risqués constituent un risque "très élevé" en termes de probabilité, comme de conséquences, avance la Banque centrale dans son rapport sur l’évaluation des risques pour le système financier. L’institut d’émission estime que ce risque va encore croître au cours des six prochains mois.

Dans un contexte où le CAC 40 a crû de près de 30 % sur un an et où le nombre d’introductions en Bourse (IPO) a atteint un niveau historique dans le monde, "certains indicateurs de valorisation boursière pointent un niveau d’exubérance persistant", alerte la Banque de France. Pour faire ce constat, elle s’appuie notamment sur l’évolution du ratio cours/bénéfice ajusté du cycle (CAPE) ; il s’établit à près de 30 pour le CAC 40, soit un record depuis… l’éclatement de la bulle internet. Par ailleurs, en s’affichant à environ 6%, les primes de risque (les rendements anticipés des actions comparativement aux obligations d’État) évoluent un plus bas depuis plus de dix ans dans l’Hexagone. Cela enverrait le signal d’un "excès d’optimisme des investisseurs sur les marchés actions, même dans un environnement de taux d’intérêt bas".

Ainsi, la Banque de France estime que cette valorisation élevée "rend les marchés d’actifs risqués vulnérables à une correction brutale pouvant aussi éventuellement déstabiliser des acteurs financiers non bancaires ayant recours au levier de la dette […]". La Banque de France fait ici référence aux fonds alternatifs européens dont le levier médian s’établissait fin 2020 à 124 % de leur actif net comptable (le chiffre atteint 251 % pour les 25 % des fonds les plus endettés).

Les marchés actions ne sont pas les seuls à faire l’objet d’une préoccupation de la part de la Banque de France. En effet, sur les marchés obligataires, les spreads de crédit (écart de rendement entre une obligation d’entreprise et un emprunt d’État) ont atteint un niveau inférieur à celui qui était le leur avant-crise – le diagnostic est valable pour presque tous les types d’émetteurs (notés de AAA à B-). Si bien que la Banque de France juge que l’état des spreads pose la question "d’un écart des valorisations par rapport aux fondamentaux".

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