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Conflit Russie-Ukraine ; Pays émergents ; Perspectives ; Russie ; Ukraine ; Alimentation ; Hydrocarbures ; Inflation ; Croissance ; Tensions

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Conflit Russie-Ukraine / Pays émergents / perspectives

ukraine Guerre en Ukraine : quel impact sur les économies émergentes ?

UKRAINE. Alors que la majorité des économies émergentes avaient retrouvé en 2021 leur niveau d'activité d'avant-crise, la guerre en Ukraine devrait affecter leur trajectoire de rebond. Les économies des pays d'Afrique du Nord et du Proche-Orient devraient être particulièrement touchées par les conséquences du conflit. À l'inverse, les pays exportateurs de matières premières devraient bénéficier de la hausse des cours.
Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud constituent le groupe de pays émergents des BRICS / Rao Aimin / Xinhua via AFP
Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud constituent le groupe de pays émergents des BRICS / Rao Aimin / Xinhua via AFP

Le renchérissement du prix des matières premières, notamment des hydrocarbures et des produits alimentaires de base, induit par la guerre en Ukraine devrait fortement affecter les économies émergentes et en développement compte tenu de la part de l’alimentation et de l’énergie dans le panier de consommation des ménages, indique la Direction générale du Trésor dans une note de travail. Face à l'inflation, les pays émergents recourent principalement à la politique budgétaire pour soutenir la consommation et à des interventions sur les marchés. Les marges dont disposent les autorités sont toutefois inégales.

 

Une flambée des cours aux effets asymétriques

 

La majorité des émergents commerce peu avec la Russie et l'Ukraine, qui ne représentaient que 2 % du commerce mondial en 2019. Pourtant, la hausse des cours affecte davantage le pouvoir d'achat dans les économies émergentes et en développement que dans les économies avancées, l’alimentation et le transport notamment occupant une part plus importante du panier de consommation dans ces pays.

L'envolée des cours des hydrocarbures devrait constituer le principal choc commercial pour les économies émergentes. Alors que le pétrole se maintient au-dessus de 100 dollars le baril depuis l’invasion russe, les pays de l'OPEP+ ont convenu de ne pas accélérer la hausse de la production jusqu'en mai. Ainsi, les revenus d'exportations des producteurs de pétrole, de gaz naturel et de charbon augmentent sensiblement, soutenant leur croissance qui avait été affectée par la chute des cours lors de la crise Covid. À l'inverse, certains grands pays émergents pâtissent du renchérissement des importations d'hydrocarbures, qui freine leur rebond post-Covid et détériore leur balance courante.

Sur le plan agricole, la hausse des prix des céréales est accentuée par les mesures de restrictions d'exportations déjà mises en place par certains producteurs. Dans l’ensemble, les exportateurs d'hydrocarbures bénéficieront le plus de la hausse des cours et seraient les "gagnants" alors que certains grands pays émergents (Chine, Inde, Turquie) et les pays d'Afrique du Nord (hors Algérie) devraient faire partie des "perdants".

Dans un contexte de pressions inflationnistes antérieures à la guerre, la hausse des cours observée depuis l’invasion russe pourrait exacerber les tensions sociales et politiques dans certains pays vulnérables en raison de leur dépendance alimentaire et de leur taux de chômage élevé. En 2010-2011, l'augmentation du prix des produits alimentaires avait été l'un des éléments déclencheurs des Printemps arabes, rappelle la DG Trésor.

 

Des capacités de réaction inégales

 

Face au choc d'offre induit par la guerre en Ukraine, les banques centrales des pays émergents peuvent être amenées à durcir leur politique monétaire pour soutenir leur devise, lutter contre l'inflation importée et éviter un désancrage des anticipations d'inflation, au risque de brider encore plus le rebond post-crise sanitaire.

En conséquence, les États semblent préférer intervenir par des mesures fiscales (baisse de la TVA ou des droits de douane sur les produits de première nécessité) et budgétaires (transferts et subventions). La capacité des États à mettre en place ces mesures reste toutefois inégale, selon les niveaux de dette publique et la soutenabilité de leur trajectoire d'endettement. Si les pays émergents d'Asie et les grands exportateurs de matières premières peuvent assurer un soutien dans la durée, la situation budgétaire dégradée des pays subsahariens et du pourtour méditerranéen rend difficile la mise en œuvre prolongée de ces mesures.

Enfin, dans un contexte des tensions sur le marché des matières agricoles, de nombreux pays émergents souhaitent assurer leur autonomie alimentaire et limiter la hausse des prix sur le marché national, en restreignant voire suspendant leurs exportations. "Si ce type de mesures permet d'augmenter les volumes disponibles sur le marché national, la FAO recommande de les éviter car elles alimentent la dynamique haussière des cours et affectent la sécurité alimentaire mondiale", alerte la publication.

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