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Ukraine / Conflit Russie-Ukraine / FAO / perspectives
En Ukraine, la guerre menace la sécurité alimentaire mondiale
Dans son dernier rapport, l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) fait état d'une situation préoccupante de la chaîne d’approvisionnement mondiale et d'une facture des importations alimentaires atteignant un nouveau record. De surcroît, la guerre déclenchée par Vladimir Poutine et qui ravage l’Ukraine renforce les tensions sur le marché des denrées alimentaires.
Une guerre au cœur du grenier de l’Europe
La Fédération de Russie et l'Ukraine figurent parmi les plus importants producteurs de produits agricoles de base au monde. Dans le secteur céréalier, leur contribution à la production mondiale est particulièrement importante pour l'orge et le blé. Sur la période 2016-2021, les deux pays représentent à eux deux respectivement 19 et 14 % de la production mondiale et se classent parmi les premiers exportateurs mondiaux.
De nombreux pays dépendent ainsi fortement des importations de denrées alimentaires en provenance de la Fédération de Russie et de l'Ukraine comme l'Érythrée qui s'est procuré la totalité de ses importations de blé en 2021 auprès de la Fédération de Russie (53 %) et de l'Ukraine (47 %). Au total, plus de 30 importateurs nets de blé dépendent de ces deux pays pour plus de 30 % de leurs besoins annuels en blé.
Or, les capacités logistiques affaiblies de l’Ukraine d’une part, en termes d’infrastructure alors même que ses grands ports exportateurs sont l’objet d’intenses combats, et les sanctions économiques qui affectent l’économie russe d’autre part compromettent les capacités d’exportation des deux nations belligérantes. Finalement, dans les pays qui dépendent des importations pour satisfaire leurs besoins de consommation, la hausse des coûts alimentaires provoquée par ces perturbations met en péril la sécurité alimentaire des consommateurs vulnérables.
Une facture record de 1800 milliards de dollars
En conséquence, la facture des importations alimentaires dans le monde pourrait bien cette année atteindre la somme record de 1800 milliards de dollars. Cette hausse attendue s’expliquerait en premier lieu par l’envolée des prix et des frais de transport plutôt que par l’augmentation des volumes. "Le constat a de quoi inquiéter : bon nombre de pays vulnérables dépensent davantage sans toutefois recevoir plus de nourriture", indique l’organisation.
"Compte tenu de la flambée du prix des intrants, des inquiétudes à l’égard de la météo et de l’instabilité croissante des marchés due à la guerre en Ukraine, les dernières prévisions de la FAO vont dans le sens d’un resserrement des marchés alimentaires et de montants inédits pour les factures d’importations d’aliments", s’inquiète Upali Wickramasinghe, l’économiste qui a coordonné cette édition du rapport.
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