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Décarbonation; Europe; entreprises; institution

Macro-économie / Taux / Berd / FAO / transition énergétique

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Berd / FAO / transition énergétique

La neutralité carbone est-elle une utopie ?

La neutralité carbone est actuellement loin d'être atteinte, et est remise en cause la possibilité qu'elle le soit un jour. Plusieurs axes d'efforts pour y palier sont proposés par l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.
Complexe industriel. ANP MAG / ANP via AFP
Complexe industriel. ANP MAG / ANP via AFP

L'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) compte bien aider le monde agricole à atteindre la neutralité carbone et pour ce faire vient de publier des recommandations. Publiées en partenariat avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD), elles parlent d'une décarbonation "nécessaire et réalisable".

Gianpiero Nacci, directeur de l'économie verte et de l'action climatique à la BERD, y croit et martèle que  "décarboner le secteur agroalimentaire est possible et ne relève pas d'un idéal utopique ou d'un exercice à cases. Il existe des voies à faible émission de carbone."

La seule utopie serait de croire que cet objectif peut être atteint sans "un engagement fort de la part des politiques et des entreprises" couplé à "des politiques solides et une bonne gouvernance, ainsi que des investissements et des ressources humaines dédiées."

De grands espoirs sont portés par les deux institutions aux futures améliorations réglementaires, qui pourraient permettre d'avoir plus "d'opportunités pour le financement vert."

L'action des pouvoirs publics est essentielle pour faire comprendre au secteur privé qu'il "a beaucoup à gagner en décarbonant les systèmes agroalimentaires, notamment en réduisant les coûts, en atténuant les risques, en protégeant la valeur de la marque, en assurant la viabilité à long terme de la chaîne d'approvisionnement et en obtenant des avantages concurrentiels." Autant de points qui ont été intégrés par une partie des entreprises qui se sont engagés "à atteindre des objectifs ambitieux de réduction des émissions." Le bémol se situe dans un coût de la transition très inégal entre les plus grandes structures aux moyens plus importants et les plus petites qui ont moins de ressources à déployer.  

Pour lutter contre cette problématique et d'autres, la BERD et le FAO ciblent plusieurs moyens "d'accélérer la transition vers des systèmes agroalimentaires plus écologiques". Parmi lesquels on retrouve l'amélioration et la normalisation des outils et des méthodes permettant d'atteindre la neutralité carbone. Les deux institutions sont également d'accord pour "aider directement les entreprises et les agriculteurs à décarboner" et pour continuer à éduquer à la neutralité carbone.

Les limites du système actuel exercent parfois des effets pervers, tels que l’étiquetage carbone qui est comparé à une "nouvelle calorie" mais qui est relativement peu mise en avant.

Un grand groupe de distribution anglais avait ainsi décidé de mettre un étiquetage carbone, las l’expérience a tourné court et n’a pas été prolongée. Tout le volet concernant l’étiquetage environnemental progresse aujourd’hui lentement. C’est là où le FAO attend une "action publique, notamment en matière de normalisation", puisqu’elle est susceptible de "contribuer à accélérer l'adoption de l'étiquetage environnemental." De tels efforts visant les consommateurs ont déjà été mis en place notamment en France avec  la loi "Grenelle 1" (2009) : elle avait alors "établi le droit du consommateur à avoir accès à une information environnementale sincère. "

Un travail qu'il serait utopique de présenter comme pouvant déboucher à court terme puisqu’il doit s'inscrire dans le temps long.

L'institution dirigée par Odile Renaud-Basso en a conscience puisqu'elle note que le monde de "l'investissement évolue ; les banques s'alignent sur les objectifs d'émission nette zéro et les gestionnaires d'actifs cherchent de plus en plus à décarboner leurs portefeuilles tout en gérant les risques climatiques." Ce changement de paradigme vis-à-vis de la neutralité carbone pourra porter ses fruits une fois qu'il sera achevé.

À ce moment-là "une nouvelle vague verte" pourrait alors émerger notamment grâce à l'investissement et permettre aux systèmes agroalimentaires d'être dans un environnement à faible émission de carbone.

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