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La sécurité alimentaire mondiale en sursis / Toute la planète n'a pas les moyens de suivre la hausse effrénée des cours des matières premières agricoles
"Les importateurs ont du mal à financer la hausse des coûts internationaux, ce qui pourrait annoncer la fin de leur résistance à la hausse des prix internationaux". La division des marchés et du commerce de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ne fait pas de faux-semblants et avertit de la précarité de la sécurité alimentaire mondiale. D'autant plus que l'écart entre les pays les plus développés et ceux en développement pourrait se creuser significativement à cette occasion.
Les différences pourraient alors se répercuter immédiatement dans les prix mondiaux, puisque le rapport de la FAO table sur le fait "que les pays à revenu élevé continuent d'acheter toute la gamme des produits alimentaires, les dépenses des régions en développement seront de plus en plus concentrées sur l'importation d'aliments de base". L'augmentation des prix sera donc principalement imputable aux pays les plus développés, puisque disposant de davantage de facilités budgétaires.
Le fossé
Les pays très fortement dépendants des importations et qui ont des ressources limitées, seront les principaux perdants des derniers mois. Les équipes de la FAO expliquent que "les groupes de pays économiquement vulnérables sont davantage touchés par la hausse des prix". En raison de marges de manœuvre budgétaires plus ténues notamment, puisqu’étant donné que "la facture globale des importations de produits alimentaires pour le groupe des pays à faible revenu devrait rester pratiquement inchangée", elle devrait "diminuer de 10 % en volume, ce qui indique un problème croissant d'accessibilité pour ces pays".
Afin de lutter contre ce phénomène, l'institution basée à Rome "a proposé une facilité de financement des importations alimentaires, qui fournirait un soutien à la balance des paiements aux pays à faible revenu fortement dépendants des importations alimentaires afin de faciliter leur accès aux marchés alimentaires internationaux". Une telle mesure serait à ses yeux importante afin de permettre "l'allègement du fardeau des dépenses alimentaires importées plus élevées" pour ces pays à faibles revenus.
Goulots d'étranglement
La situation difficile de ces pays pourrait de fait être provoquée par un nombre réduit d'acteurs, puisque "les engrais et l'énergie sont des postes particulièrement importants dans les factures d'importation des pays à faible revenu et des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, représentant respectivement 92 et 91 pour cent du total des intrants importés". Un sujet d'autant plus sensible qu'une "réduction de l'utilisation des intrants se traduirait presque inévitablement par une baisse de la productivité agricole, ce qui pourrait entraîner une diminution des disponibilités alimentaires nationales".
L'effort des instances internationales devra particulièrement se focaliser sur ce point-là. La reconduction de l'accord entre la Russie et l'Ukraine pour l'exportation des céréales sera à scruter de près. D'autant plus que la Russie est un acteur de premier plan concernant les engrais agricoles.
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