WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne

Publications, Résultats / Danone / Russie / Inflation / agro-alimentaire / Antoine de Saint-Affrique / Recentrage stratégique

Publications, Résultats
Danone / Russie / Inflation / agro-alimentaire / Antoine de Saint-Affrique / Recentrage stratégique

Danone a joué la carte "effet prix" en 2022 / Le recentrage des activités commence à se faire sentir

Le premier groupe d’agroalimentaire français a été pénalisé par la flambée des prix des matières premières. Pour la compenser, Danone a joué de son pricing power l’an dernier, mais les volumes de ventes s’inscrivent en retrait. Une baisse à mettre en perspective avec la sortie du groupe de Russie, dont les coûts ont fait fondre ses bénéfices.
Danone (©Eric TSCHAEN/REA)
Danone (©Eric TSCHAEN/REA)

"Le momentum stricto sensu reste peu excitant", anticipait le cabinet Oddo BHF à propos des résultats annuels de 2022 publiés par Danone aujourd’hui. Et effectivement, "pas de surprises majeures", commentent, quant à eux, les analystes de la banque UBS. Les ventes du géant de l’agroalimentaire ont atteint 27,6 milliards d’euros sur l’année, en croissance organique de 7,8 %. Afin de faire face à l’augmentation de coûts des matières premières, Danone a fait jouer sa capacité à augmenter ses prix. Pour atteindre ce taux de croissance, ils ont été gonflés de 8,7 % sur l’année. Tandis que les volumes vendus ont, eux, décru de 0,8 %.

Sur le quatrième trimestre, la tendance est d’autant plus saillante : la hausse des tarifs a joué sur la croissance organique à hauteur de 11,3 % tandis que les volumes se sont contractés de 4,4 %. Et c’est la première fois, depuis près de 40 ans, que cet effet prix aura eu autant d’impact sur les résultats, commente le groupe. "Cette baisse des volumes pourrait contrarier les investisseurs", présageait hier Oddo BHF. Une anticipation quelque peu erronée puisque le titre a gagné jusqu’à plus de 3 % à la Bourse de Paris dans la matinée. Mais "cette baisse [des volumes] est à mettre en perspective avec une accélération de la rationalisation du portefeuille", souligne le cabinet d’analyste.

Car ce sont aussi les premiers signaux du recentrage des activités de Danone qui étaient attendus à l’occasion de cette publication. Entre autres, la poursuite de la mise en œuvre de plan de réorganisation mondiale "Local First", mis en place par l’ancien président-directeur général du groupe Emmanuel Faber et poursuivi par son successeur Antoine de Saint-Affrique ; et la décision d’abandonner le contrôle de la branche de produits laitiers et d’origine végétale en Russie, annoncée à la mi-octobre dernier.

 

De nouvelles cessions d’actifs sont probables

 

Une décision contrainte par la géopolitique, qui se revêt cependant d'un intérêt stratégique : l’activité représentait près de 5 % de l’activité globale de la composante du CAC 40 mais était à la fois dilutive sur le plan de la marge opérationnelle et sur celui de la croissance organique. La moitié du portefeuille de Danone, en Russie, reposait sur les produits laitiers traditionnels. Et du fait d’une collecte de lait trop conséquente, les marges de manœuvres pour améliorer le mix de produits se trouvaient limitées. L’opération de retrait aura entrainé une dépréciation de 500 millions d’euros en 2022. Elle pourra atteindre 1 milliard d’euros sur sa totalité, avait déjà annoncé le groupe en octobre dernier.

Les bénéfices nets du groupe se retrouvent ainsi divisés par deux. Le résultat net, part du groupe, tombe à 959 millions d’euros, contre 1,9 milliard d’euros en 2021. La tendance de rationalisation du portefeuille devrait perdurer aux premier et deuxième trimestres de 2023, anticipe le cabinet Oddo BHF. "Nous estimons que près de 20 % du chiffre d’affaires (13 % du résultat opérationnel courant) est éligible à une sortie", poursuit-il.

Pour 2023, Danone table sur une croissance organique comprise entre 3 % et 5 % et une croissance modérée de la marge opérationnelle. Le nouveau plan stratégique "Renew Danone" continuera à être déployé, afin de renouer avec la création de valeur. L’un des principaux enjeux du groupe, pour l’année à venir, résidera aussi dans un arbitrage entre la répercussion, dans ses prix, de la hausse de ses coûts de production sans pour autant pénaliser de plein fouet ses consommateurs et les dissuader ainsi de se tourner vers ses marques.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article