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Danone / Publication des résultats / Antoine de Saint-Affrique
Danone attend une nouvelle feuille de route
La page Emmanuel Faber a été tournée depuis presque un an par Danone et la transition est rude pour le groupe français. Son nouveau patron Antoine de Saint-Affrique n'a pas caché que la transformation du groupe était loin d'être accomplie.
Le groupe n'a pourtant pas tout son temps. Plusieurs indicateurs ne sont pas rassurants : sa marge opérationnelle a diminué de 30 points de base en un an, pour s'établir à 13,7 % et le bénéfice net par action a diminué de 1,1 % pour un total de 3,31 euros. Danone a subi la hausse du coût des intrants, qui a eu un impact négatif de 480 points de base.
Cette dégradation n'empêche pas le chiffre d'affaires de progresser de 3,4 % en données comparables - pour un total de 24 281 millions d'euros - avec notamment un net regain de croissance au dernier trimestre (+6,7 %). Ce qui fait dire au directeur général du groupe que "l'engagement de retour à la croissance rentable au S2" a été tenu, et ce malgré un "environnement de coûts et d'approvisionnement de plus en plus volatil". Le résultat opérationnel courant atteint 3,337 milliards d'euros, un montant légèrement supérieur aux 3,317 milliards d'euros de l'année précédente.
Du côté des performances des différentes entités du groupe, elles sont assez hétérogènes derrière la locomotive de l'activité Eaux. Ce département s'illustre particulièrement avec une augmentation de 7,2 % de son chiffre d'affaires et également une marge opérationnelle qui a gagné 194 points de base, un résultat attribué à "l'amélioration du mix produit" et à des gains de "productivité".
Concernant le segment de la nutrition spécialisée, on y note un recul de la marge de 105 points de base mais qui demeure élevée à 23,5 %. Le chiffre d'affaires progresse quant à lui de 1 % sur la période. Les produits laitiers et d'origine végétale subissent également un recul de 33 points de base à 9,8 % de la marge opérationnelle, alors que le chiffre d'affaires augmente sur l'année écoulée de 3,7 %. Cette organisation par département pourrait bien vivre ses dernières heures si le projet "local first" qui vise à réorganiser le groupe en fonction de la géographie aboutit rapidement.
Aucun objectif n'a cependant été donné pour l'année en cours, Antoine de Saint-Affrique donnant rendez-vous au 8 mars à l'occasion du séminaire investisseurs du groupe pour l'annonce des "prochaines étapes de notre trajectoire de croissance". Des annonces qui seront d'autant plus scrutées qu'elles ne concerneront pas uniquement l’échéancier 2022 du groupe, mais également celui à moyen terme. La direction du groupe reconnaît déjà de nombreux problèmes sur lesquelles elle planche ; qu'il s'agisse de pertes de parts de marché ou de l'investissement qui a diminué en proportion du chiffre d'affaires. Le consensus des analystes évoque une marge EBITDA de 13,5%, un bénéfice par action en augmentation de 6 % et une croissance organique de 4 %.
En attendant ce rendez-vous, les investisseurs pourront constater que le dividende de 1,94 euro par action proposé par le conseil d'administration est sensiblement le même que l'an passé.
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