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L’inflation ternit la croissance de Danone
Il est difficile de rebâtir la confiance une fois qu’elle a été ébranlée. C’est ce à quoi est actuellement confronté Danone, qui a souffert d’une désaffection en Bourse ces dernières années et dont l’ancien PDG Emmanuel Faber a été débarqué en mars dernier.
Le géant agroalimentaire français a pourtant publié mardi matin un chiffre d’affaires légèrement supérieur au consensus des analystes au troisième trimestre et a réitéré ses objectifs pour l’année entière. Atteignant 6,16 milliards d’euros, ses revenus ont progressé de 3,8% à périmètre et change constants par rapport au troisième trimestre 2020, alors que les analystes estimaient en moyenne une progression de 3,6%. Les taux de change ont eu un effet particulièrement positif (de 1,5%). Pour l’ensemble de l’exercice, Danone a confirmé qu’il pensait retrouver une croissance retable au second semestre et atteindre une marge opérationnelle d’environ 14%, soit le même niveau qu’en 2020.
Mais le titre chutait de 2,9% à une heure de la fin de la séance, à 55,67 euros. Les investisseurs semblent douter (tandis que certains analystes doutent explicitement) de la capacité du groupe à atteindre ces objectifs. S’il progresse davantage que prévu, le troisième trimestre marque néanmoins un fort ralentissement par rapport à la croissance de 6,6% observée au deuxième trimestre (alors que l’effet de base par rapport à une année 2020 marquée par la pandémie a été quasi-nul dans l’agroalimentaire).
En outre, l’inflation a atteint à travers le monde un niveau qui n’a pas été vu depuis de longues années. Au troisième trimestre, Danone s’est avéré capable de répercuter une partie de la hausse des prix : dans sa branche Nutrition spécialisée par exemple, les prix ont progressé de 8,2% alors que les volumes ont reculé de 5,3%. Mais pourra-t-il maintenir sur la longueur cette dynamique dans un secteur qui reste fortement concurrentiel ?
Danone a lui-même reconnu l’ampleur de l’inflation. "Si au départ elle concernait surtout le coût des matières premières, elle s'est généralisée et affecte désormais l'ensemble de notre chaîne d'approvisionnement, dans de nombreuses régions du monde", indique son directeur financier Jürgen Esser, qui ajoute ne pas s’attendre "à ce que l’année prochaine soit plus facile que cette année" : il anticipe précisément une inflation des coûts d’"au moins 8%" en 2022. La promesse de redoubler les efforts de productivité et d’"initiatives prix" n’est pas suffisante pour rassurer - même si le plan de restructuration "Local First" annoncé en novembre 2020 prévoit la suppression 25% des effectifs des sièges mondiaux du groupe, ainsi que la réalisation d'un milliard d'euros d'économies récurrentes vers 2023. En attendant que cet ambitieux programme s'achève par un succès, il faut espérer que la baisse des volumes enregistrée au troisième trimestre cette année en Nutrition spécialisée (à l’origine de la baisse de 0,8% observée sur le périmètre total) ne se poursuive pas.
Les investisseurs devront en outre faire preuve de patience s’ils veulent connaître le nouveau plan stratégique de Danone, élaboré par la nouvelle direction, menée par Antoine de Saint-Affrique (qui a succédé au très médiatique Emmanuel Faber). Il sera probablement détaillé lors de la prochaine journée consacrée aux investisseurs, prévue le 8 mars prochain.
Danone a en outre indiqué qu’à la date du 15 octobre, il avait racheté l’équivalent de 673 millions d'euros de ses actions propres dans le cadre du programme lancé en juillet. Ce programme porte sur un montant total allant jusqu'à 800 millions d’euros d'ici à la fin de l'année.
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