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Entreprises / Actions / Danone / Véronique Penchienati-Bosetta / Shane Grant / Antoine de Saint-Affrique

Entreprises / Actions
Danone / Véronique Penchienati-Bosetta / Shane Grant / Antoine de Saint-Affrique

Danone peaufine et repense son organisation / Trois nouveaux directeurs adjoints vont accélérer la prise de décision

La meilleure des stratégies consiste parfois à revenir un peu sur ses pas. Après trois ans d’approche purement géographique, Danone recommence à penser son organisation par produits avec la nomination de nouveaux directeurs généraux adjoints.
Antoine de Saint Affrique, directeur général de Danone - Eric TSCHAEN/REA
Antoine de Saint Affrique, directeur général de Danone - Eric TSCHAEN/REA

Une feuille de route a beau être claire, elle vaut surtout par la qualité de son exécution. En annonçant mercredi la nomination de trois directeurs généraux adjoints (DGA) aux compétences élargies, le champion français des yaourts et de l’eau minérale a indiqué vouloir "accroître sa performance sur ses marchés en rapprochant les catégories et les régions".

Pour cette mission, le groupe a choisi de promouvoir des talents internes. Véronique Penchienati-Bosetta, actuellement directrice générale internationale, prendra aussi en charge les zones Europe, CNAO (Chine, Asie du Nord et Océanie). De plus, - surtout, serait-on tenté de dire - elle dirigera désormais une division "Nutrition Spécialisée, Eaux, Global Marketing & Digital".

 

Retour aux fondamentaux

 

Shane Grant, jusqu’alors directeur général de la zone Amérique du Nord, supervisera pour sa part dorénavant l’ensemble de la zone Amériques (Amérique du Nord et Amérique latine). Il prendra aussi la direction d’une branche "Produits laitiers et d’origine végétale (EDP)" et les fonctions Global Customer & Commercial Leadership. Quant à Juergen Esser, aujourd’hui directeur Général Finances, Technologie & Data, il est nommé DGA Groupe, en charge des fonctions Finances, Technologie & Data.

Il y a quasiment un an, Antoine de Saint-Affrique, entouré d’une équipe de direction déjà renforcée, présentait son nouveau plan stratégique "Renew Danone", promettant de créer les conditions d’une "création de valeur durable". Pour y parvenir, le dirigeant, qui avait pris la suite d’Emmanuel Faber, évincé à la suite d’une grave crise de gouvernance, s’emploie depuis à retrouver les fondamentaux d’un groupe auquel il était reproché un manque de lisibilité.

Or, il ressort des nominations de Véronique Penchienati-Bosetta et Shane Grant que Danone revient à une organisation par catégorie de produits que l'entreprise avait précédemment mise de côté. Une évolution rompant donc avec l’approche géographique qui avait été introduite avec le plan "Local First" annoncé fin 2019.

La nomination de ces trois directeurs généraux adjoints "renforcera notre excellence opérationnelle et notre expertise catégorielle", a justifié Antoine de Saint-Affrique, tandis que "cette nouvelle organisation accélérera la prise de décision, permettra une meilleure coordination et une plus grande rapidité d’exécution", a-t-il ajouté.

 

Des craintes sur les volumes

 

Ces changements sont, en soi, plutôt "une bonne chose étant donné que l’un des points faibles de Danone est [justement] que les catégories ne sont pas présentes dans toutes les zones géographiques", note pour sa part le cabinet Oddo BHF. Un choix potentiellement judicieux aussi, selon lui, au vu de l’importante différence "entre le cycle court des produits laitiers et le cycle long des eaux".

Par ailleurs, les nouvelles responsabilités annoncées traduisent un certain rééquilibrage géographique. Alors qu’il y avait auparavant d’un côté l’Amérique du Nord (20% du chiffre d’affaires) et le reste du monde, Danone passe à une répartition entre une zone Amériques représentant 40% du chiffre d’affaires environ, contre 60% pour le reste.

Pour l’heure, ces nouvelles laissent cependant les investisseurs relativement indifférents. L’action Danone gagnait 0,3% à 50,15 euros jeudi après-midi. Il est vrai que leur préoccupation première est sans doute la teneur des résultats annuels que le groupe publiera le 22 février prochain.

Sur ce front, les analystes d’UBS, qui tablent sur une croissance des ventes de 6% au quatrième trimestre, mais un recul de 5,7% des volumes, craignent un manque de catalyseurs positifs avant le second semestre. D’ici là, le groupe pourrait selon eux avoir "du mal à fournir des preuves tangibles des avantages de sa nouvelle stratégie face à la vulnérabilité de sa croissance en volume ainsi qu'aux pressions inflationnistes persistantes (dans le lait en particulier)".

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