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La nutrition spécialisée de Danone à l’honneur
Il y a longtemps que Danone n’avait pas suscité un peu d’effervescence. Longtemps aussi que le champion français de l’agroalimentaire n’avait pas fait l’objet d’une rumeur. Alors que ses ventes du premier trimestre ont dépassé les attentes, le champion français de l’agroalimentaire profite d’un net regain d’intérêt, qui tend toutefois à s'atténuer. Après avoir gagné près de 6% mercredi, l’action Danone progressait jeudi de moins de 1% en séance.
La croissance organique de l’ensemble du groupe s’est hissée à 7,1% sur le trimestre écoulé, dépassant la hausse de 5,5% anticipée par le consensus. Une performance rassurante étant donné le contexte, marqué par des difficultés d’approvisionnement et une hausse du coût des intrants autour de 15% en 2022. Ce bon premier trimestre a été rendu possible par l’accélération des hausses de tarifs, passée de 2,5% au quatrième trimestre de l’an dernier, à 4,9% au premier trimestre 2022. Mais "si la croissance organique de 7,1% est meilleure que prévu, c’est surtout grâce à une progression des volumes de 2,2%, supérieure aux anticipations, alors que l’effet prix est globalement conforme aux prévisions", souligne un analyste.
Et "la vraie bonne surprise concerne la division Nutrition spécialisée qui affiche un taux de croissance organique de 9,5%, deux fois supérieur aux attentes", ajoute-t-il. De bonne augure pour la rentabilité, sachant que cette division contribue pour moitié au résultat opérationnel du groupe, alors qu’elle représente 30% des ventes.
Parallèlement, la division Eaux a enregistré une croissance organique de 15,9%, un peu meilleure qu’attendu grâce à une reprise de la consommation post-confinement un peu plus forte qu’anticipé, en particulier en Amérique latine et en Indonésie. Dans une moindre mesure, le pôle Produits laitiers et d’origine végétale, premier métier du groupe, a aussi enregistré une performance meilleure qu’attendu, avec une croissance organique de 3,6%, contre 2,7% estimé en moyenne par les analystes. La baisse de 1,8% de ses volumes était anticipée, sous l’effet des hausses de prix passés de 5,4% sur le trimestre face à l’inflation qui affecte l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement.
Le maintien par Danone de la perspective d'une croissance organique comprise entre 3 et 5% en 2022 est compréhensible dans un environnement incertain marqué par des difficultés d'approvisionnement. Mais cela laisse aussi de la place pour atteindre le haut de la fourchette. Deutsche Bank a ainsi relevé sa prévision de croissance organique pour 2022 à 5,7%, au lieu de 5,3% précédemment.
Le groupe a par ailleurs démenti des informations de presse selon lesquelles son rival hexagonal Lactalis réfléchirait à des scénarios de rachat partiel ou total de l’entreprise. L’activité laitière serait visée. Mais une telle opération nécessiterait que Lactalis mette des moyens importants sur la table. Le courtier Stifel valorise notamment cette activité à 22,7 milliards d’euros. "Les obstacles réglementaires semblent également difficile à surmonter à première vue", selon lui.
Toutefois, "cela peut pousser Danone à accélérer sa réflexion stratégique à un moment où de toute façon le groupe doit procéder à une revue détaillée de ses activités, entre celles qui affichent une rentabilité opérationnelle élevée, comme la nutrition spécialisée, et d’autres dont la marge brute est beaucoup plus faible comme les yaourts" remarque Pierre Tegner, analyste chez Oddo-BHF, contacté par WanSquare.
Arrivé aux commandes de l’entreprise en septembre dernier, le directeur général Antoine de Saint-Affrique a dévoilé début mars un plan stratégique qui avait laissé la Bourse de marbre. Le dirigeant n’a il est vrai pas encore eu le temps de profondément remodeler le portefeuille du groupe à la tête de 26 marques, parmi lesquelles Blédina, Evian, Les 2 Vaches et Alpro.
Interrogé mercredi en conférence d’analystes, Juergen Esser, le directeur financier de Danone, a expliqué que l’entreprise continuait de travailler "très activement à la résolution" des problèmes rencontrés par ses activités les moins performantes. Le groupe souhaite prendre le temps nécessaire pour améliorer leurs modèles d’entreprises ou trouver des solutions alternatives. "Nous vous tiendrons informés dès qu'il y aura quelque chose à dire", a-t-il indiqué.
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