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Danone / Antoine de Saint-Affrique / Produits laitiers

La stratégie protéinée de Danone commence à prendre forme / Au-delà de l’expropriation russe

Derrière l’inflation des coûts des matières qui se poursuit, Danone parvient petit à petit à mettre en place sa stratégie de restauration de sa compétitivité et de recentrage sur ses marques les plus performantes et différenciantes, tout en gérant son capital de façon très disciplinée.
Antoine de Saint Affrique, le directeur général de Danone - Photo by Alain JOCARD / AFP
Antoine de Saint Affrique, le directeur général de Danone - Photo by Alain JOCARD / AFP

Les signes de redressement du numéro deux français de l’agroalimentaire (derrière Lactalis) commenceraient-ils à s’accumuler ? Jusqu’à présent, "Renew Danone", le plan stratégique du président-directeur général, Antoine de Saint-Affrique, épaulé par trois directeur généraux adjoints, n’avait pas eu beaucoup l’occasion de faire ses preuves. Il est vrai qu’il avait été lancé au beau milieu du début de la guerre en Ukraine, qui a fait s’envoler le coût des matières premières et entraîné la division par deux du résultat net du groupe l’an dernier.

Pour autant, le travail de fond effectué par l’équipe dirigeante sur ses marques et le recentrage en cours sur la nutrition et la santé pour s’extraire d’une certaine banalisation des produits laitiers semble porter ses premiers fruits. Même si cela ne se voit pas dans le cours de Bourse – l’action Danone perd 2,6 % à 55,3 euros ce mercredi après-midi - les résultats du premier semestre de l’entreprise viennent de se révéler meilleurs qu’attendu. Le chiffre d’affaires s’est élevé à 14,17 milliards d’euros, en hausse de 6,3 % sur un an, avec une croissance en données comparables de 8,4 % dont une contribution de 9,4 % de l’effet prix atténuée par un effet volume/mix négatif -1,1 %.

En termes de rentabilité, le résultat opérationnel courant a progressé sur un an de 7,6 % en données publiées et de 5,8 % sur une base comparable, à 1,73 milliard d’euros, la marge correspondante s’établissant à 12,2 %, contre 12,1 % un an plus tôt. Par comparaison, les analystes interrogés par Visible Alpha tablaient sur un chiffre d’affaires de 14,05 milliards d’euros, avec une croissance à données comparables de 7,4 %, pour un résultat opérationnel de 1,69 milliard d’euros.

 

Leviers de croissance

 

Les écarts par rapport aux attentes sont significatifs. S’agissant du résultat opérationnel, ils découlent directement de ce que le groupe appelle ses " leviers de croissance, qui intègrent volume, mix et prix ". Ceux-ci ont plus que contrebalancé l’impact toujours important de l’inflation du coût des intrants, le signe que les efforts produits par Danone pour mettre en œuvre des innovations à valeur ajoutée dans ses produits ne sont pas vains. Les analystes de JP Morgan notent par exemple "la forte performance des récents lancement de yaourts riches en protéines Oikos aux Etats-Unis et YoPro/Hipro en Europe ".

En conséquence, la marge brute du groupe a augmenté au premier semestre, permettant à Danone de réinvestir dans ses marques, tout en dégageant un free cash-flow en forte augmentation à 1,1 milliard d’euros. Par ailleurs, la maîtrise des frais financiers dans un contexte de hausse des taux constitue une "très bonne surprise", note pour sa part le cabinet Oddo BHF. Un cercle vertueux dont l’amorce répond bien aux souhaits du management. "Nous progressons vers le modèle économique que nous visons", a commenté mercredi Antoine de Saint-Affrique. "Ces derniers mois, nous avons progressé avec régularité […] en renforçant notre cœur de gamme, en investissant dans nos marques les plus performantes et en redressant activement celles qui ne le sont pas suffisamment ", a-t-il ajouté.

 

Décote

 

A cela s’ajoute un marché du yaourt qui a cessé de se dégrader. Après avoir atteint un pic à la fin 2022, les pressions sur les volumes dans le secteur des produits laitiers en Europe se réduisent. "L’amélioration des tendances depuis le début de l’année est notable, en particulier sur les marchés qui ont été à la traîne, l’Allemagne, et l’Espagne", observe JP Morgan. Le phénomène est plutôt de bon augure pour la suite de l’exercice, la base de comparaison devenant progressivement plus favorable. L’entreprise vise d’ailleurs désormais la "fourchette haute" de son objectif de croissance pour 2023, fixé entre 4 % et 6 %, avec une amélioration attendue "modérée" de la marge opérationnelle courante.

En Bourse, mis à part sa récente expropriation de ses actifs en Russie qui va se traduire par dépréciation supplémentaire de 200 millions d’euros, il faut comprendre la réaction mitigée du marché comme une relative déception par rapport aux résultats plus impressionnants dévoilés la veille par le concurrent Unilever (Ben & Jerry's, Magnum, Knorr). Cela ne veut pas dire que les investisseurs resteront indéfiniment à l’écart de l’action Danone. D’autant que celle-ci se négocie à un niveau proche de ses plus bas sur dix ans avec une décote de 20 % environ par rapport à ses pairs européens du secteur alimentaire, Unilever et Nestlé.

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