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Bonduelle / agro-alimentaire

Bonduelle prépare une importante cession aux Etats-Unis

Le spécialiste de la transformation de légumes envisage de céder son activité américaine de conserves et de surgelés, qui représente plus de 20% de ses revenus, mais qui est très dépendante des marques de distributeurs. Un choix important sachant que l’activité est solide et rentable.
Usine de conditionnement de Kazan (Russie), Bonduelle
Usine de conditionnement de Kazan (Russie), Bonduelle

La crise sanitaire est l’occasion pour nombre d’entreprises de faire le tri dans leurs activités et se concentrer sur l’essentiel. L’agroalimentaire ne fait pas exception. En témoigne l’annonce hier par Bonduelle d’envisager de céder jusqu’au cinquième de son chiffre d’affaires.

Concrètement, le groupe de transformation de légumes (en conserve, surgelés ou frais) cherche "un acquéreur pour tout ou partie" de Bonduelle Americans Long Life (BALL), ses activités nord-américaines de conserve et surgelés. "Dans le cadre de la revue périodique de son portefeuille d'activités, le groupe Bonduelle annonce avoir engagé une réflexion sur l'évolution de sa business unit Bonduelle Americas Long Life au sein du groupe", a ainsi indiqué l’entreprise familiale cotée.

L’opération ne sera pas sans conséquence sur le périmètre de Bonduelle : BALL représente un chiffre d’affaires de 615 millions d’euros, sur les 2,78 milliards d’euros réalisés au cours de l’exercice 2020-21 (publié hier soir).

Une telle décision a surpris certains analystes : l’activité, issue de l’acquisition du canadien Aliments Carrière en 2007, est en effet rentable avec des taux de croissance satisfaisants (9% ces deux derniers exercices). "La décision pose la question de l’identité même du groupe, étant donné que la conserve et le surgelé sont ses activités historiques. Cela montre que Bonduelle est en pleine réflexion. Il est difficile de se réinventer", estime Florent Thy-Tine, analyste à la société de Bourse Midcap Partners, interrogé par WanSquare.

"Notre stratégie et la volonté de l’actionnaire familial sont de donner la priorité à nos marques propres [comme Bonduelle et Cassegrain, ndlr], pour rester maîtres de notre destin", explique Guillaume Debrosse pour justifier la décision. Or, Bonduelle réalise près de la moitié de ses revenus sous marques de distributeurs (MDD) et BALL réalise 80% de son activité en MDD – le marché des marques est déjà bouché en Amérique du Nord. L’acquisition de Green Giant par B&G Foods en 2015 a achevé la concentration du secteur, fixant des barrières à l’entrée difficilement franchissable.

Bonduelle, dont les usines nord-américaines sont "saturées" selon Guillaume Debrosse, pourrait se développer sur ce marché dans la MDD (ce qui ne correspond pas à ses priorités) et dans les surgelés, mais au prix d’investissements très importants. Une allocation des capitaux contraire à ses priorités. Dès lors, vendre dès aujourd’hui tant que tout va bien peut être une solution plutôt que d’attendre quelques années avec un outil de production qui aurait vieilli d’autant.

En prenant comme base une marge d'Ebitda de 8% et un multiple de cession de 6 fois l’Ebitda (Green Giant a été acquis par B&G à 7,7 fois son Ebitda après synergies), on obtient un produit d'environ 300 millions d’euros. Certains analystes vont jusqu’à 500 millions. Mais on manque de visibilité pour savoir si l’initiative est la bonne. Quel sera le coup d’après ? Le produit de cession servira-t-il à redresser les activités Frais aux Etats-Unis (668 millions d’euros de chiffre d’affaires), qui ont souffert de la crise et sont dans le rouge ? Bonduelle compte achever sa revue stratégique autour du mois de février 2022.

 

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