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Bonduelle / Bonduelle Americas Long Life / Grégory Sanson / légume
Bonduelle sacrifie l’Amérique pour accélérer la transition végétale
Le leader mondial du légume prêt à l’emploi sera dorénavant un peu moins américain. Le groupe nordiste Bonduelle a cédé 65 % de sa filiale Bonduelle Americas Long Life (BALL) aux fonds de solidarité canadiens FTQ et la CDPQ, a-t-il annoncé vendredi, à la suite du feu vert des autorités réglementaires américaines et canadiennes.
L’opération conclut la revue stratégique sur ces activités que l’entreprise avait engagée en septembre dernier. Elle traduit un choix clair. Le positionnement des activités de BALL, dédiées à la transformation et la commercialisation de légumes en conserve et en surgelé, aux Etats-Unis et au Canada, en grande distribution pour le commerce de détail et la restauration, principalement en marques de distributeur, ne correspondait plus totalement aux priorités de l’entreprise.
Il s’agit d’une business unit qui "opère sur des métiers à capitaux intensifs. Elle nécessite donc des mobilisations financières importantes, particulièrement en période d’inflation", explique à WanSquare Grégory Sanson, le directeur des finances, de la transformation digitale et du développement du groupe.
Plus de moyens pour la croissance externe
La question qui s’est posée était "soit de continuer à investir des ressources importantes dans une activité qui ne reflète pas le cœur de la stratégie de Bonduelle, ou au contraire de récupérer des ressources financières au travers d’une cession, même si celle-ci n’est que partielle, pour accompagner cette stratégie par croissance organique ou par acquisition", ajoute-t-il.
La cession sera enregistrée dans les comptes du groupe au titre de l’exercice clos le 30 juin 2022. Réalisée sur la base d’une valeur d’entreprise de 850 millions de dollars canadiens (environ 625 millions d'euros), l'opération s'est conclue à des multiples supérieurs à ceux de Bonduelle. L’endettement du groupe pourrait ainsi se réduire à près de deux fois l’excédent brut d’exploitation, contre un ratio de trois auparavant, "laissant de la marge pour poursuivre les investissements et notamment redresser la rentabilité de Bonduelle Fresh America et faire de la croissance externe", observe un analyste. Le M&A est en effet dans l’ADN de l’entreprise, qui a historiquement nourri la moitié de sa croissance à coups d’acquisitions.
"Transition végétale"
Céder 65% de Bonduelle Americas Long Life donne ainsi plus de moyens à Bonduelle "pour investir dans sa stratégie de développement sur des produits à marques, marques existantes ou de nouvelles marques destinées à adresser des marchés spécifiques en lien avec la transition végétale, tout en restant associé au développement et à la stratégie de consolidation du marché nord-américain de cette business unit grâce au partenariat avec les Fonds de solidarité FTQ et la CDPQ", détaille Grégory Sanson. Liée à la nécessité consommer moins de ressources animales et au double défi de nourrir les hommes tout en préservant la planète, la "transition végétale" est inscrite depuis l’an dernier dans les statuts du groupe.
Désormais détenue à 35% par Bonduelle, la nouvelle société commune avec les fonds québécois FTQ et la CDPQ poursuivra de son côté son développement. La joint-venture a obtenu un financement de 575 millions de dollars canadiens (environ 422 millions d’euros) levés auprès d’investisseurs institutionnels. Ces fonds vont permettre de financer des investissements industriels nécessaires sans que Bonduelle ne soit mis à contribution.
Cohérente sur le plan stratégique, l’opération comporte néanmoins un inconvénient. Si elle donne "de nouveaux moyens au groupe pour se développer sur des produits à marques, nous regrettons tout de même la cession de cette activité en croissance et bien margée", note le courtier TP ICAP. Selon Oddo BHF, cette cession partielle devrait avoir un effet "dilutif" de l’ordre d’un peu plus de 20% sur le bénéfice par action.
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