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Bonduelle et ses légumes face à l'enjeu de l'inflation
Bonduelle n’en a pas fini avec son défi américain. Il ne faut pas s’y tromper, malgré la cession fin juin du contrôle de sa filiale Bonduelle Americas Long Life (BALL), le numéro un mondial du légume préparé nourrit toujours de grandes ambitions pour Bonduelle Fresh Americas (BFA), le leader américain des salades en portion individuelle. L’ex Ready Pac Foods racheté en 2017, est pourtant en mauvaise posture. "Les difficultés de notre activité de frais prêt à l’emploi en Amérique du Nord sont la principale explication au recul de la performance globale du groupe", explique ainsi à WanSquare Grégory Sanson, le directeur financier du groupe, qui a publié cette semaine les résultats de son exercice à cheval sur 2021 et 2022.
Dans son ensemble, le groupe Bonduelle a vu son chiffre d’affaires progresser au cours de l’exercice écoulé (de juin à juin) de 4,1%, à 2,9 milliards d’euros, tandis que son résultat opérationnel courant a reculé de 3,7%, à 96,6 millions d’euros. "Si la performance en Europe est très satisfaisante avec une marge opérationnelle courante de 5,7% en progression de 10 points de base, la zone hors Europe est plus particulièrement BFA plombe les résultats du groupe", observent les analystes du cabinet TP ICAP Midcap.
Pertes creusées chez Bonduelle Fresh Americas
De fait, les pertes de BFA se sont creusées. Retraité de l’activité de BALL, le résultat opérationnel courant hors Europe ressort en perte de 22,7 millions d’euros. Mais, l’activité Bonduelle EurAsia Markets (BEAM) étant bénéficiaire, TP ICAP Midcap calcule que les pertes de BFA sont proches d’une trentaine de millions d’euros.
La filiale de frais prêt à l’emploi en Amérique du Nord a pesé également sur le résultat net du groupe, qui s’est replié de 38%, à 35,4 millions d’euros. L’analyse approfondie du marché et des marges des différentes gammes de produits de cette activité a conduit l’entreprise à passer des dépréciations d’actifs de 107 millions d’euros et à désactiver des impôts différés pour 30 millions d’euros.
"Nous savions au moment de l’acquisition réalisée en 2017 [de Ready Pac Foods] qu’il y aurait une nécessaire revalorisation des prix à mettre en œuvre afin de pouvoir dégager des marges qui soient soutenables dans le temps. Face à ces augmentations importantes de prix, un certain nombre de clients on fait le choix de diversifier leurs approvisionnements, ce qui a impacté les volumes", explique Grégory Sanson.
Répercuter l'inflation
Pour le nouvel exercice 2022-2023 débuté il y a trois mois, Bonduelle cible, à taux de change et périmètre constants, une croissance de chiffre d’affaires de 8 à 11% et une marge opérationnelle courante stable à 2,5%. Précision, la hausse prévue de l’activité intègre les revalorisations de prix visant à compenser les inflations de coûts. La prévision de marge correspond donc à "une progression de la rentabilité opérationnelle courante proche de 15%", indique le groupe.
S’efforçant de maîtriser ses coûts, Bonduelle a commencé à travailler sur la diversification de ses sources d’énergie. "Nous avons un projet de biométhanisation", indique Grégory Sanson. Le groupe continue aussi de porter son effort sur les prix. "L’objectif est de refléter dans nos prix de ventes les inflations supportées", explique le directeur financier, tandis qu’en termes stratégiques, "le redressement de Bonduelle Fresh Americas est prioritaire". Le groupe ne remet en effet "absolument pas en cause cette acquisition, toujours parfaitement alignée avec notre stratégie", assure-t-il. BFA devra ainsi miser sur de nouvelles recettes et des investissements marketing adaptés pour retrouver des volumes rentables.
Le défi est toutefois de taille, alors que le redressement des marges du groupe dépend essentiellement du redressement de cette activité. "A court terme, nous voyons peu de chance pour que les choses évoluent. L’inflation devrait peser sur la consommation, les volumes ne devraient donc se redresser que lentement", prévient TP ICAP Midcap. Dans le même temps, le groupe devra s’efforcer de maintenir sa rentabilité sur le continent européen, tout autant touché par le contexte inflationniste.
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