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Crise Alimentaire, Blé, Coût de la vie

Macro-économie / Taux / FAO / Matières premières / Inflation

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ukraine Les Nations unies veulent éviter une crise alimentaire

UKRAINE. L'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture insiste sur la nécessité de réunir 115,4 millions de dollars le plus rapidement possible afin d'empêcher une dégradation de la situation d’insécurité alimentaire. Il s'agit d'aider l'Ukraine et ses agriculteurs à continuer de semer et planter.  
Champs de blé. SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Champs de blé. SEBASTIEN LAPEYRERE / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Le nouvel appel à l’aide de l'Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) fait plus que doubler les montants initialement sollicités pour venir en aide à l’agriculture ukrainienne. L’institution estime que ce sont plus de 375 000 ménages et un million de personnes qui ont besoin d'être aidées. Une double problématique semble se préciser pour Rein Paulsen, directeur du Bureau des urgences et de la résilience : d’une part, la difficulté à subvenir aux besoins de la population locale et d’une autre part, "le bon fonctionnement des chaînes d’approvisionnement alimentaire" au niveau mondial. Et ce d’autant plus que si l’industrie agroalimentaire ukrainienne souffre de l’invasion que mène Moscou, son homologue russe est quant à elle boycottée par une partie des économies avancées.

Dans certains domaines, les conséquences sont immédiates et coûteuses : " l’Indice FAO des prix des huiles végétales a bondi de 23,2 pour cent" en mars, l’Ukraine est notamment le premier pays exportateur d’huile de tournesol. Par ricochet "les prix des huiles de palme, de soja et de colza ont eux aussi enregistré une hausse marquée ". Concernant l’Indice FAO des prix des céréales il a quant à lui "enregistré une hausse de 17,1 pour cent par rapport à février". Cette augmentation des prix est largement imputable au poids colossal de la Russie et de l’Ukraine dans les exportations mondiales : à elles deux, ces nations "représentaient environ 30 pour cent des exportations mondiales de blé et 20 pour cent des exportations mondiales de maïs ces trois dernières années ".

La conséquence de la hausse de ces matières premières peut être désastreuse pour certains pays et les déstabiliser. Les dirigeants de nombreux pays touchés par le "Printemps Arabe" il y a quelques années, se souviennent que la hausse du cours du blé avait contribué à faire naître ce mouvement.

Si le FAO sollicite des fonds, c'est avant tout pour combler un déficit de financement important de près de 106,9 millions de dollars. Accéder à plus de ressources permettrait à la FAO de toucher davantage de gens, et ce "à temps pour les travaux agricoles du printemps". C'est d'autant plus important que "l’utilisation mondiale de céréales en 2021-2022 devrait" connaître "un record d’utilisation pour le riz" et "des hausses étant également attendues pour le maïs et le blé".

Le plus inquiétant est que, si des révisions ont été apportées par la FAO, les "répercussions du conflit en Ukraine sur les marchés des céréales, en particulier ceux du blé et du maïs" sont loin d'avoir fini de peser sur la campagne 2021-2022. L'impact de la guerre sur les exportations en provenance et à destination de la région de la mer noire devrait continuer à se traduire par "une hausse des prix mondiaux" et "un recul des stocks plus important que prévu dans plusieurs pays". Ce qui pourrait donc se traduire par une plus grande fragilité à un nouveau choc d'offre et d'autant plus que de plus en plus de pays mettent en place des restrictions à l'exportation des matières premières agricoles.

 

 

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