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CPME / Matières premières
La CPME face à la flambée des coûts de l’économie réelle
La Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME) avait rendez-vous ce mardi avec Bercy afin de lui exposer ses recommandations pour venir en aide au tissu économique français formé par les PME.
Entre les mois d’avril 2020 et avril 2021, le prix des matières premières importées en France a augmenté en moyenne de 25,2 %, une hausse qui s’élève à 91,3 % pour les métaux ferreux et à 50 % pour la viande, selon les données publiées par la CPME. Ainsi la flambée du prix des matières premières depuis un an, à laquelle s'ajoute un phénomène de pénurie de certains métaux stratégiques, se répercute directement sur la marge des entreprises concernées.
La CPME - avec l'appui de toutes les fédérations qui y adhèrent - propose donc diverses mesures permettant de soulager les professionnels qui, déjà affectés durement par la crise, doivent en plus supporter le poids de l'augmentation des prix et du dérèglement des circuits.
Certaines des recommandations de la CPME ne sont que des rappels car elles ont déjà été obtenues auprès du ministère de l'Économie. C'est le cas de la prolongation de la non-application des pénalités de retard, du délai d'exécution, ainsi que du report jusqu’au 1er juillet 2022 de l'avantage fiscal sur le gazole non routier voté à l'Assemblée nationale, même si cela doit encore être confirmé par le Sénat.
Bercy a également accédé à sa demande de faire paraître une fiche juridique sur "la théorie de l'imprévision" pour expliquer aux entreprises comment accéder à l'actualisation des contrats en fonction des nouvelles conditions du marché, via un recours en justice. "Cela concerne par exemple les entreprises qui fournissent une collectivité ne souhaitant pas intégrer les préconisations de Bercy", selon Joëlle Prévot-Madère - Guyanaise engagée et présidente de la section industrie de la CPME - jointe par Wansquare.
Outre ces rappels, la confédération recommande au ministère la création d'une solution bancaire adossée à une garantie des pouvoirs publics pour les entreprises en difficulté, afin de subvenir à leurs besoins de trésorerie. Car "certaines entreprises sont obligées de se mettre à l'arrêt faute de matières premières". Nombre d'entre elles n'ont plus les moyens de payer les matières premières à leurs cours actuels. En effet, si certains secteurs, comme celui de l'alimentaire ou du bâtiment, peuvent partiellement répercuter cette hausse du cours sur leurs propres tarifs, pour d'autres comme celui de la santé, c'est impossible. "Le problème réside [donc] aussi dans l'acceptabilité du prix par le consommateur final" souligne l'élue de la CPME.
Concernant les recommandations de la confédération adressées aux entreprises qui fournissent le secteur privé, l'organisation ne peut qu'encourager les PME à obtenir une actualisation et une révision des prix des contrats, en particulier dans le cas de marché négocié à prix ferme, en ayant recours à l'argument de l'imprévision "et à faire appel au médiateur des entreprises pour les accompagner dans la démarche". L'organisme milite enfin en faveur de l'extension de l’indemnisation du chômage partiel pour l'ensemble des PME en difficulté du fait de la hausse des cours.
Le rallye haussier du prix des matières premières s'explique "certes par la reprise tardive des sites d'exploitation, mais la première cause est la Chine, qui grâce à sa reprise rapide a capté une forte part des matières premières disponibles sur les marchés, en particulier s'agissant des métaux rares". L'Empire du Milieu a développé de manière volontariste "une approche très dure et très efficace" qui menace la souveraineté des autres états.
Si bien que la réflexion va plus loin."Pour des questions de souveraineté nationale, la France doit impérativement s'assurer un accès durable aux métaux stratégiques". Pour cela, étant donné qu'il est impensable de tout relocaliser sur son territoire, "elle doit davantage développer l'économie circulaire et le réemploi de manière à subvenir en partie à ses besoins." Et cette souveraineté suppose aussi le développement de ses capacités de stockage pour réduire sa dépendance aux puissances étrangères.
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