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Chute du pétrole : simple conjoncture ou future tendance ?
Le cours du pétrole de Brent, qui a entamé la journée à 37,4 $ le baril, soit une baisse de près de 5% par rapport à son cours d'ouverture hier matin. Et ce car les mêmes facteurs qui avaient contribué à la chute de la demande en énergie fossile en mars dernier sont de nouveau au goût du jour. Ainsi, la deuxième vague de pandémie de coronavirus, entraînant des mesures de confinement et des restrictions à l’activité économique, fait une fois de plus chuter le cours de l'or noir. Baisse du cours néanmoins bien moins abrupte, étant donné que les mesures de confinement ne sont pas aussi strictes qu'il y a sept mois. Les État veulent conserver un certain niveau d’activité économique et les confinements mis en place sont plus localisés. Même si les prix du pétrole continueront à être sous pression, ils ne devraient pas connaître de forte diminution selon l’analyste de Natixis Joel Hancock.
Les producteurs de pétrole non-conventionnel, plus cher à produire, ont néanmoins la vie dure. Après des mois de déclin de l’activité économique, la baisse des prix du pétrole depuis le début de la crise de la Covid a provoqué la perte de 307 milliards de dollars de capitalisation boursière pour les cinq plus grosses compagnies pétrolières américaines, selon le site d'informations aux investisseurs Stokapps. Que cela ait été intentionnel ou non, le Royaume d'Arabie saoudite a entraîné la faillite d’une partie de la concurrence américaine par sa politique de prix. Cette année, selon l’analyse du cabinet d’avocats Haynes & Boone, 40 sociétés américaines d’exploration et de production pétrolière ont déjà fait faillite. Du fait du contexte économique incertain, Wall Street ne semble pas prêt à octroyer des prêts supplémentaires aux producteurs de gaz de schiste si bien que les sociétés peinent à trouver des fonds pour relancer l’investissement. Le surapprovisionnement du marché pétrolier pendant une partie du confinement de la part de l’Arabie saoudite, puis le maintien du cours du baril autour de 40 dollars, soit 20 dollars plus bas que celui de début d’année, a poussé une partie des producteurs d'énergie fossile d’Amérique du Nord à sortir du marché.
Les pays de l’Opep+ auraient dû augmenter la production de 2 millions de barils par jour supplémentaires à partir de janvier. Mais tout porte à croire que, au vu du contexte de reprise de la pandémie, ils attendront la fin du premier trimestre 2021 pour rehausser la production. C'est du mois ce que rapporte le consensus. La position des pays du Golfe, producteurs de brut à faible coût, leur permet de supporter des prix bas pendant plusieurs années sans subir de perte. Toutefois, afin de soutenir le marché, ils ont pris la décision depuis le mois d’avril de limiter la production à 10 millions de barils par jour. Jusqu'à présent, ils ne s'y sont engagés que jusqu’à fin décembre.
Autre facteur explicatif de l’évolution du cours : le conflit entre États-Unis et Iran et l’approche des élections américaines. Les sondages plaident en faveur de l’élection de Joe Biden ce qui signifierait la possibilité de trouver un accord entre les États-Unis et l’Iran conduisant à un retour de l’offre en pétrole iranien. Par ailleurs, Joe Biden s'est engagé à respecter les Accords de Paris soit à adopter une politique plus dure envers les énergies fossiles. Les analystes de Goldman Sachs concernant la situation énergétique aux États-Unis, soutiennent que les facteurs haussiers, comme la politique de soutien budgétaire importante promise par le gouvernement américain, l’emportent sur les facteurs baissiers si bien que la demande de pétrole repartira selon eux en 2021.
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