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La Berd réduit ses prévisions de croissance pour 2023 / L’institution dénonce un "optimisme déplacé"
Entre prix du gaz et inflation élevés, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) a revu nettement à la baisse ses prévisions de croissance 2023, particulièrement pour l’Ukraine où les combats font toujours rage. L’institution anticipe désormais une croissance de 2,1 % en 2023 contre 3% lors de ses précédentes projections en septembre dernier, pour l’ensemble de régions couvertes, qui vont de l’Europe de l’Est à l’Asie centrale en passant par le pourtour méditerranéen.
"L’optimisme quant au taux de reprise et de croissance après les crises de ces dernières années, notamment la guerre en Ukraine, est, selon nous, déplacé, l’inflation étant susceptible de mettre plus de temps à baisser que ce que les marchés prévoient", explique Beata Javorcik, cheffe économiste de la Berd. L’activité devrait tout de même accélérer en 2024 pour atteindre 3,3 %, contre 2,4 % l’année dernière et après le fort rebond post-Covid à 7,1 % en 2021.
De l’eau dans le gaz
Après avoir fortement augmenté en 2022, les prix du gaz sont largement retombés à leur niveau d’avant-guerre, les nouvelles sources d’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL) de Norvège et d’Algérie notamment ayant permis d’apaiser les cours en réaction à la perte d’une immense partie des livraisons russes. En outre, un hiver plutôt doux ainsi qu’une autolimitation de la consommation des ménages font que les stocks de gaz en Europe se retrouvent au-dessus de leur niveau de 2021.
Toutefois, en termes réels, les niveaux des cours actuels du gaz restent "comparables aux sommets des années 1980 et six fois plus élevés qu’outre-Atlantique", fait valoir la Berd dans son rapport. Cette situation affecte encore grandement les populations les plus dépendantes du gaz pour se chauffer et s’éclairer, si bien que les subventions à l’énergie dans les économies du centre et du sud-est de l’Europe sont estimées à environ 3,6 % du PIB en moyenne et pèsent lourdement sur les déficits publics.
L’inflation étouffe la consommation
Alimentée par les prix élevés de l’énergie, l’inflation moyenne dans les régions de la Berd atteint 16,5 % en décembre après un pic à 17,5 % en octobre, un niveau record depuis 1998. "L’inflation très élevée érode les salaires réels, ce qui pèse sur la consommation", souligne Beata Javorcik.
Seule exception, la forte croissance des salaires réels dans les économies d’Asie centrale et du Caucase, s’explique notamment par "l’augmentation des flux d’exportation et d’importation ainsi que par les afflux de capitaux et de migrants qualifiés en provenance de Russie et par les prix élevés des produits de base", analyse la Berd.
Petit bémol, la hausse "spectaculaire" des exportations de l’Union européenne, du Royaume-Uni et des États-Unis vers ces zones laisse craindre l’émergence d’un "commerce intermédiaire", dans le cadre duquel les marchandises exportées risquent d’être revendues à la Russie, dont l’économie souffre des sanctions occidentales.
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