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Odile Renaud-Basso

Politique européenne / Berd / Direction générale du Trésor

Politique européenne
Berd / Direction générale du Trésor

Odile Renaud-Basso favorite pour présider la BERD à un moment charnière

Le successeur de Suma Chakrabarti, président de la Banque européenne de reconstruction et de développement, sera nommé ce jeudi. Deux candidats sont en lice : le ministre des finances polonais et la patronne française du Trésor. Il est quasiment certain qu'elle sera désignée.
Odile Renaud-Basso directrice du Trésor
Philippe Dumont directeur général adjoint du Trésor
Odile Renaud-Basso directrice du Trésor Philippe Dumont directeur général adjoint du Trésor

C'est donc ce jeudi que le prochain président de la BERD (Banque européenne d'investissement et de reconstruction) sera désigné, cinq mois plus tard que prévu - l'élection de mai ayant été reportée en raison de l'épidémie. Trois candidats étaient en lice jusqu'à hier soir : la présidente du Trésor français Odile Renaud-Basso, le ministre des finances polonais Tadeusz Koscinski et le député italien Pier Carlo Padoan. Ce dernier a finalement retiré sa candidature lundi, et il semblerait que le Polonais ait peu de chance d'être élu, vu la faible popularité du gouvernement conservateur dont il fait partie auprès des autres États européens.

Or pour être désigné, le candidat doit obtenir la majorité des 71 gouverneurs de la Banque (représentant 69 pays issus de 5 continents, plus l'Union européenne et la Banque européenne d'investissement, qui ont chacun un représentant) et une majorité en termes de total des droits de vote des membres. Les membres ont différents niveaux de participation, en fonction de leur nombre de parts souscrites dans la BERD. La directrice du Trésor, qui a déjà obtenu le soutien de principe des grands actionnaires de la Banque, à savoir les États-Unis, l'Allemagne, le Japon, le Royaume-Uni et le Canada, a donc toutes les chances d'être désignée.

Si elle est effectivement élue, elle serait la quatrième représentante française à prendre la présidence de l'institution depuis sa création en 1991, tout d'abord dirigée par son fondateur Jacques Attali, de 1991 à 1993, puis Jacques de Larosière de 1993 à 1998. Jean Lemierre a également occupé le poste de 2000 à 2008. De hauts personnages d'État donc, quasiment tous passés par l'ENA et la direction du Trésor (sauf Jacques Attali), comme l'actuelle candidate française.

Conseiller maître à la Cour des comptes, Odile Renaud-Basso est diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris et ancienne élève de l’ENA (1990, Promotion Jean Monnet). Après avoir débuté sa carrière en tant qu’auditeur à la Cour des Comptes (1990-1994), Odile Renaud-Basso rejoint la direction du Trésor où elle occupera de 1994 à 2005 des fonctions en relation avec les problématiques internationales, industrielles et financières. Elle est nommée en 2005 directrice à la Direction des Affaires économiques et financières (DG Ecfin) de la Commission européenne et poursuit sa carrière dans les sphères européennes en devenant en 2010 chef de cabinet adjoint du Président du Conseil Européen. En mai 2012, elle rejoint Matignon en qualité de directrice adjointe du cabinet du Premier ministre. Puis en septembre 2013, elle occupe le poste de directrice générale adjointe de la Caisse des Dépôts, directrice des Fonds d'épargne. Le 30 juin 2016, Odile Renaud-Basso est nommée directrice générale du Trésor.

Si elle est donc bien armée pour prendre la relève, Odile Renaud-Basso arrive cependant à un moment plutôt délicat pour l'institution, initialement créée pour aider les ex-pays soviétiques d'Europe de l'Est à se reconstruire. Certes, la BERD a largement œuvré au développement non seulement des États de la région PECO, mais aussi de la Méditerranée et au soutien à la Grèce après la crise de 2012. L'année dernière, elle a réalisé un bénéfice record de 1,4 milliard d'euros et accordé des prêts pour un montant record de 10 milliards d'euros. Mais son mandat et sa mission originale sont de plus en plus remis en cause, alors que les pays d'Europe de l'Est ont désormais achevé leur transition économique et alors que les actionnaires ne sont pas parvenus à s'entendre pour étendre son mandat à l'Afrique Subsaharienne. Autre difficulté pour la BERD, son siège est situé à Londres et le Brexit pourrait remettre en cause son emplacement actuel. Enfin, les pays où la BERD est engagée subissent de plein fouet la crise économique liée à la Covid, entraînant de fait des pertes de 1,5 milliard sur les cinq premières mois de l'année, selon son président par intérim Jürgen Rigterink.

 

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