Macro-économie / Taux / Unedic / Assurance chômage / Chômage / perspectives / Emploi
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Retour dans le vert dès 2022 pour l’Unédic
Dans un contexte de profonde incertitude économique (guerre en Ukraine, pressions inflationnistes et éventualité d’un regain épidémique), l’Unédic, organisme en charge de l’assurance chômage, anticipe que le régime va enregistrer des excédents pour la période 2022-2024. Le remboursement de son énorme dette, dont le montant s’élevait fin 2021 à 63,6 milliards d’euros, pourrait ainsi démarrer.
La fin des mesures d’urgence, la reprise de l’emploi et les nouvelles règles d’indemnisation contribuent à la baisse des dépenses de l’Unédic qui devraient passer, après le pic de 2020, de 49,4 à 49 milliards d’euros cette année. Portées par la bonne dynamique des salaires, les recettes devraient, quant à elles, augmenter de 2,6 milliards d’euros pour atteindre un total de 42 milliards d’euros en 2022, soit une progression de 6,6 % par rapport à l’année précédente.
Un retour à l’excédent en 2022 qui devrait se poursuivre sur 2023 et 2024
Cette stabilisation des dépenses et cette hausse des recettes devraient ainsi permettre au régime de renouer avec les excédents dès 2022, avec un solde de 2,5 milliards d’euros. La tendance devrait se poursuivre en 2023 et 2024 avec respectivement un excédent de 3,1 et 4,2 milliards d’euros, sous l’effet de la prise en compte de la nouvelle réglementation et de la conjoncture économique, souligne l’Unédic. Au total, "les excédents permettraient une trajectoire de désendettement de l'ordre de 10 milliards d’euros en trois ans", a précisé Patricia Ferrand, présidente (CFDT) de l’Unédic.
En conséquence, la dette de l’assurance chômage, qui s’établissait à 63,6 milliards d’euros fin 2021, dont 18,7 du fait des mesures d'urgence décidées pendant la crise sanitaire, amorcerait une trajectoire de réduction dès cette année. Elle atteindrait ainsi 61,1 milliards fin 2022 puis continuerait à se résorber à 58 milliards fin 2023 et 53,7 milliards fin 2024. Cette décrue serait cependant loin de constituer un retour à la situation d’avant crise : fin 2019, la dette de l’assurance chômage était seulement de 36,8 milliards d’euros.
Jean-Eudes Tesson, vice-président (Medef) de l’Unédic, a tout de même souligné "la robustesse du régime d'assurance chômage", y compris face aux événements des derniers mois. "Le système résiste et il est capable d'assurer sa mission : être un amortisseur face à la crise", a-t-il expliqué.
Ralentissement des créations d’emploi à venir
Concernant les créations d’emploi, le rebond exceptionnel constaté en 2021, 678 000 emplois supplémentaires, devrait se poursuivre en 2022 mais de manière beaucoup plus modérée. Après les 66 000 créations nettes au premier trimestre, un niveau plus élevé qu’attendu par les observateurs, l’Unédic prévoit sur l’ensemble de l’année 2022 la création de 79 000 emplois. Par la suite, les créations d’emplois seraient plus modestes pour les deux prochaines années, avec respectivement 52 000 et 80 000 emplois en plus, à des niveaux proches de ceux observés avant crise. Cette évolution est "conditionnée par le contexte économique et géopolitique", prévient toutefois l’organisme.
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