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Effets; 2019; 2021; indemnisation; durée

Macro-économie / Taux / Gabriel Attal / Assurance chômage / Réforme

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Gabriel Attal / Assurance chômage / Réforme

La réforme de l’assurance chômage ne marche pas à plein régime / Manque de recul et méconnaissance prédominent

Les mesures prises en 2019 et 2021 pour améliorer la situation de l’emploi hexagonal sont suivies avec attention, cependant le temps a semblé manquer aux acteurs économiques pour  s'en emparer pleinement. La Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques avance qu'il y a une progression du retour à l’emploi mais qu’il s’agit bien souvent de contrats assez courts.
Un dossier brûlant après l'autre pour le Premier ministre Gabriel Attal. Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Un dossier brûlant après l'autre pour le Premier ministre Gabriel Attal. Stephane Mouchmouche / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Il y a "une attente des Français pour avoir un modèle social qui incite à la reprise d’emploi". Voici comment Gabriel Attal, Premier ministre, a évoqué la question d’une nouvelle réforme de l’assurance chômage. Un dossier sur lequel les premiers effets des décrets de 2019 et 2021, la réformant, commencent à être observés. La Direction de l’Animation de la Recherche, des Études et des Statistiques (Dares), travaille tout particulièrement à une évaluation des mesures prises. Le travail est pourtant rendu d’autant plus complexe que "malgré les défis posés par la crise sanitaire, le marché du travail a connu un redressement significatif à partir de mi-2021", une situation qui fait affirmer à l’institution que " la réforme étudiée est donc entrée en vigueur dans un contexte favorable". Il devient dès lors difficile de dissocier les effets structurels de ceux conjoncturels.

Ce sont pourtant des "changements significatifs" qui ont mis en œuvre, que ce soit l’ajustement de l’allocation journalière, celle des critères d’éligibilité ou encore l’instauration d’un système de bonus-malus pour les employeurs ayant le plus recours à des contrats courts. Les effets comportementaux attendus chez les demandeurs d’emploi et les entreprises ne sont pourtant pas tous produits. Des problématiques de temps et de moyens sont mises en avant dans l’évaluation.

 

Pas à l’heure

 

Les différents travaux menés établissent qu’il y a eu des effets quantitatifs et qualitatifs significatifs. Ils seraient positifs en ce qui concerne "la probabilité de retrouver rapidement un emploi suite à la perte d’un contrat de plus d’un mois". En revanche, ils sont moins évidents concernant "les effets de cette baisse sur l’emploi, notamment en termes de qualité et de stabilité, [qui] demeurent incertains ".

Un autre constat est établi par les équipes de la Dares, celui de demandeurs d’emploi et d’employeurs qui ont " une connaissance limitée des règles introduites par la réforme". Les résultats finaux des études menées sont attendus d’ici fin 2024 et devraient permettre d’affiner davantage ces conclusions. Pour l’heure la "complexité des réactions face à la réforme, reflétant la diversité des situations et des attentes des différents acteurs économiques", voit certains des acteurs exprimer leur déception, "soit en raison de montants jugés insuffisants, soit en raison de complications administratives".

Un autre exemple donné montre bien que le monde du travail ne s’est pas encore complètement adapté, il s’avère effectivement que "bien que certaines entreprises aient adapté leurs pratiques en réponse à la réforme, comme l’embauche de CDI ou l’allongement des missions d’intérim, la plupart ne déclarent pas de changement significatif". Ce seraient davantage les "stratégies de gestion des ressources humaines et la nature de l’activité de l’entreprise [qui] jouent un rôle crucial dans l’utilisation des contrats courts".

 

Cas particulier

 

L’impact de la réforme dans le domaine de l’agroalimentaire a fait l’objet d’une attention particulière, Rafael Lalive, président du comité scientifique à l’origine du rapport et professeur d’économie spécialisé en assurance chômage, le présentant tel un "secteur très touché". Le premier employeur industriel de France ayant recours à de nombreux travailleurs peu qualifiés, dont "une part significative de contrats temporaires". La Dares estime que la "réforme de l’Assurance chômage, méconnue des travailleurs, pourrait impacter leur capacité à gérer ces alternances" entre chômage et emploi visant gérer la pénibilité du travail. Même son de cloche du côté des employeurs, présentés comme "peu conscients de la réforme ou [qui] la considèrent comme secondaire dans leur gestion des contrats ". Seules quelques entreprises en malus "déclarent modifier leurs pratiques pour développer les embauches en CDI d’une partie des intérimaires ou allonger les missions d’intérim ".

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