Macro-économie / Taux / Unedic / Dette / croissance
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Unedic / Dette / croissance
Le désendettement de l’Unédic freiné / Les ponctions de l’Etat et la conjoncture en cause
L’amélioration de la situation financière de l’Unédic sera moins franche qu’anticipé. L’organisme paritaire en charge du régime d’assurance chômage a révisé à la baisse les excédents que ce dernier va générer au cours des années à venir. Ils atteindront 1,6 milliard d’euros en 2023, 1,1 milliard d’euros en 2024, 3 milliards d’euros en 2025, 5,3 milliards d’euros en 2026, et 11,2 milliards d’euros en 2027, soit respectivement 3 milliards d’euros, 3,9 milliards d’euros, 4,8 milliards d’euros, 5,7 milliards d’euros de moins qu’anticipé lors des prévisions de septembre dernier (les prévisions de 2027 n’étaient alors pas connues).
En conséquence de quoi, sa dette nette s’établira à 49,7 milliards d’euros fin 2026, contre 32,4 milliards d’euros initialement escompté (60,7 milliards d’euros fin 2022). "Ce qu’il faut retenir, c’est que la trajectoire financière du régime est positive, mais avec un solde inférieur à la dernière prévision. C’est en partie lié à la conjoncture économique, mais surtout aux prélèvements de l’Etat qui ampute notre capacité à rembourser notre dette ", a déclaré Jean-Eudes Tesson, président de l’Unédic.
Le montant des prélèvements de l’État sur le régime d’Assurance chômage, qui grèvent ainsi ses recettes, pour financer France Compétences (financement et régulation de la formation professionnelle et de l’apprentissage) et France Travail (ex-Pôle emploi) est de 2 milliards d’euros en 2023, 2,6 milliards d’euros en 2024, 3,35 milliards d’euros en 2025 et 4,1 milliards d’euros en 2026. Cela représente un total de 12,05 milliards d’euros de moindres compensations des exonérations de cotisations d’Assurance chômage prévues dans la loi de financement de la Sécurité Sociale de 2024.
Du côté de l’activité économique, la croissance moins vigoureuse qu’escompté va influer à la hausse sur les dépenses d’indemnisation compte tenu de l’augmentation du taux de chômage et à la baisse sur les recettes en raison de la moindre progression de la masse salariale. L’Unédic, qui s’appuie sur les prévisions de croissance du Produit intérieur brut (PIB) du consensus des économistes (1,1 % en moyenne entre 2024 et 2027), anticipe 29 000 créations nettes d’emplois cette année, 112 000 en 2025, 129 000 en 2026 et 200 000 en 2027. Si bien qu'en cumulé, jusqu’en 2026, ses prévisions de créations nettes ont été révisées à la baisse d’un quart.
A noter que la hausse des dépenses de l’Unédic sera limitée par les récentes réformes de l’assurance-chômage. Pour mémoire, la réforme de 2021 s’accompagnait notamment de l’allongement de la durée d’affiliation requise pour ouvrir un droit : de 4 à 6 mois de travail dans les 24 derniers mois. La réforme de 2023, elle, prévoit une réduction de la durée des droits d’un quart pour les demandeurs d’emploi lorsque l’économie est sur les bons rails (c’est-à-dire un taux de chômage inférieur à 9 % et qui ne connaît pas d’augmentation d’un trimestre sur l’autre de plus de 0,8 point).
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