Macro-économie / Taux / Unedic / Chômage
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Unedic / Chômage
Les inquiétants pronostics de l’Unédic
L’Unédic, organisme en charge de la gestion de l’assurance chômage en France, a publié des prévisions peu rassurantes pour l’année 2021. En effet, elle anticipe la destruction de 230.000 emplois nets après la disparition de 360.500 emplois nets dans le secteur privé en 2020. En cause ? "La fin des aides et une conjoncture encore fragile", explique l’Unédic. Parallèlement, si le déficit de l’assurance chômage devrait se résorber - il atteindrait 10 milliards d’euros -, il pourrait être encore cinq fois supérieur au solde qu’il affichait avant la crise économique, en 2019.
Rappelons qu’en 2020, le déficit de l’assurance chômage s’est établi à 17,4 milliards d’euros. L'Unédic a expliqué que "ce ne sont pas les dépenses d'allocation chômage qui ont le plus pesé" mais que "plus de la moitié est imputable au financement de l'activité partielle" (55%). En effet, si ce dispositif est pris en charge aux deux tiers par l’État, un tiers du financement est supporté par l'Unédic. Une facture plutôt salée alors que durant le premier confinement près de 9 millions de salariés étaient concernés - contre 2,1 millions en janvier 2021 selon la Dares.
L'organisme paritaire, qui a également évoqué l'année 2022, a indiqué que le déficit du régime atteindrait 6,4 milliards d'euros cette année-là sous l’effet du rebond de l’économie hexagonale - l’Unédic prévoit 210.000 créations nettes d’emplois l’année prochaine. Le nombre de demandeurs d'emploi indemnisés devrait diminuer de 125.000 ; ils seraient ainsi environ 2,8 millions fin 2022 soit une baisse de 4,5% par rapport à 2021. Le niveau de l'emploi, lui, reviendrait à son niveau de 2020 (19,4 millions), précise l'Unédic.
Reste qu’au total, cela entraînerait un doublement (91%) de la dette à 70,6 milliards d'euros fin 2022 par rapport à 2019, après 64,2 milliards fin 2021 et 54,2 milliards fin 2020. Souvenons-nous,qu’en février 2020, avant la survenance de la crise sanitaire, l'Unédic escomptait, après un déficit de 0,9 milliard en 2020, un solde financier excédentaire de 2,3 milliards d'euros en 2021, puis de 4,2 milliards en 2022. "La crise Covid a amené la courbe dans l'autre sens" et "logiquement la dette augmente", a souligné le directeur général de l'Unédic, Christophe Valentie. Concrètement, l'Unédic estime l'impact lié à la crise économique entre 2020 et 2022 sur ses finances à "près de 39 milliards d'euros".
Heureusement, la charge d’intérêt de la dette est "rigoureusement maîtrisée". Atteignant environ 0,4 milliard d’euros pour 2021 et pour 2022, elle est stable par rapport aux années précédentes.
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