Macro-économie / Taux / Unedic / Chômage / emplois
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Les heureuses prévisions de l’Unédic
Bonne nouvelle, l’Unédic a fortement révisé ses prévisions concernant le marché du travail français. L’organisme paritaire en charge du régime d'assurance chômage anticipe désormais la création de 126 000 emplois nets, quand il escomptait 230 000 destructions nettes lors de ses prévisions de fin février. Les créations d'emploi continueraient en 2022 (127 000) et en 2023 (109 000), ajoute l'Unédic.
En conséquence de quoi, si les dépenses d’activité partielle sont restées significatives depuis le début de l’année (l’Unédic a décaissé 500 millions d’euros par mois entre janvier et mai), elles vont refluer au cours du second semestre 2021. Rappelons que le dispositif de chômage partiel est pris en charge aux deux tiers par l'État et un tiers par l'Unédic ; 2,7 millions de salariés en bénéficiaient en avril, selon les dernières données officielles. "On sort un tout petit peu la tête de l'eau, d'une espèce de lessiveuse. Et je pense que dans quelques mois on se rendra compte (…) que les entreprises et les Français ont la chance d'avoir un organisme paritaire qui était là", a expliqué Éric Le Jaouen, président de l’Unédic.
Malgré cela, le déficit de l'assurance chômage devrait atteindre 12 milliards d'euros fin 2021 (contre 17,4 milliards d’euros en 2020), soit 2 milliards de plus qu'envisagé lors de la prévision de février qui ne prenait pas en compte le troisième confinement : la hausse du recours à l'activité partielle et la prolongation des mesures d'urgence ont généré des dépenses supplémentaires. L’an prochain, le déficit de l'assurance chômage diminuerait toutefois pour s’établir à hauteur de -2,4 milliards en 2022 et se rapprocherait de l'équilibre avec -0,5 milliard d'euros en 2023, prévoit l'organisme. La dette du régime d'assurance chômage, elle, atteindra 69,5 milliards d'euros en 2023, soit près du double de son niveau d'avant-crise (36,8 milliards d'euros en 2019).
Attention, ces prévisions concernant les soldes du régime d'assurance chômage font l'hypothèse d'une application au 1er juillet de la réforme de l'assurance chômage. L'Unédic indique ainsi qu'"une non-application de tout ou partie de la réforme pourrait infléchir cette trajectoire sans toutefois la remettre en cause". Concrètement, en cas de non-application du nouveau mode de calcul du salaire journalier de référence (SJR), le solde financier serait plus dégradé de 1 milliard d'euros en 2023 et la dette atteindrait 71,7 milliards d'euros dans deux ans. En cas d’annulation de l’ensemble de la réforme, le déficit en 2023 serait de 2,8 milliards d'euros et la dette atteindrait 74 milliards d'euros en 2023. C'est l'avis du Conseil d’État concernant l’entrée en vigueur de la nouvelle formule de calcul du salaire journalier de référence qui jouera le rôle d'arbitre entre ces différents scénarios.
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