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Transition énergétique : attendre dix ans coûtera 3500 milliards $ de plus
L'arrivée de la nouvelle administration Biden a redonné un peu d'espoir quant à l'accélération de la transition écologique à l'échelle mondiale, le nouveau président ayant réintégré les Accords de Paris quelques jours à peine après son entrée en fonction. Mais il devra accélérer l'instauration de mesures et politiques de décarbonisation efficaces s'il veut non seulement atteindre l'objectif de neutralité carbone à l'horizon 2050 mais faire économiser des milliards de dollars à son pays. Selon une étude publiée cette semaine par le think-tank américain Energy Innovation et intitulée "Le coût du retard", attendre dix ans de plus avant d'agir réellement pour le climat entraînerait des coûts supplémentaires en matière de dépenses cumulées d'investissement, de fonctionnement et de carburant de 72% pour les États-Unis. "Remplir les objectifs de Paris (zéro émissions nettes dans trente ans) prendra du temps. Appliquer des efforts trop tard, quelle que soit leur quantité, ne permettra plus d'atteindre la neutralité carbone," expliquent ainsi les auteurs de l'étude en introduction, qui estiment que la décennie qui s'ouvre sera donc cruciale pour le climat et les finances des Etats.
Ainsi, si les États-Unis entament dès à présent leur transition énergétique, le coût annuel sera de 230 milliards de dollars environ, contre un coût de 750 milliards s'ils commencent en 2030 seulement. Soit un montant global de 4500 milliards de dollars si le pays met la main à la pâte dès maintenant contre une facture de 8000 milliards en commençant en 2030. Le surcoût engendré par la procrastination des politiques et dirigeants serait donc de 3500 milliards de dollars. Le think tank explique ainsi que les besoins de déploiements en solaire et en éolien seront neuf fois plus importants mi-2030 qu'actuellement pour compenser la production d'énergie fossile et décarboner l'atmosphère dans 15 ans. Ce qui pourrait "conduire à un choc économique global sans précédent".
La concentration de CO2 dans l'atmosphère est en hausse constante depuis la révolution industrielle et est désormais à un niveau 50% supérieure à l'ère préindustrielle, avertit le think-tank. Le rythme actuel d'émissions est environ deux fois supérieur à ce que le système naturel peut absorber (les océans absorbent 25% des émissions annuelles et les plantes 25%). Par conséquent, même si les émissions arrêtent de progresser, le niveau de CO2 dans l'atmosphère continuera de monter. C'est uniquement lorsque nous réduirons les émissions au niveau de ce que la nature peut absorber qu'alors la concentration en CO2 commencera à se stabiliser. Sachant qu'une part importante du CO2 une fois émis demeure dans l'atmosphère pour plusieurs centaines d'années. Chaque tonne de CO2 émis est donc accumulée dans l'atmosphère et la concentration s'accroît et demeure pour très longtemps. Ce qui explique que les efforts pour décarboner l'atmosphère devront être plus intenses et seront plus coûteux dans dix ans que maintenant.
Ces estimations et calculs d'Energy Innovation corroborent les conclusions d'autres instituts de recherche, qui commencent d'ailleurs à être pris au sérieux par les chefs d'Etats de certaines grandes puissances. En novembre 2018, l'UE a ainsi annoncé son ambition d'atteindre la neutralité carbone pour 2050 dévoilant ses différents axes stratégiques pour y parvenir. L'administration Biden s'est quant à elle engagée à un objectif de zéro carbone pour sa production d'énergie d'ici 2035 et de zéro carbone global d'ici 2050. Le fait que les coûts induits par le changement climatique seront d'autant plus élevés que les pouvoirs publics prennent de retard pour agir, pourrait inciter d'autres États à accélérer le pas.
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