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Finance verte / Cour des comptes européennes / pollution

Au tour de la Cour des comptes de blâmer l'écologie politique

Phénomène local, paneuropéen et planétaire, c’est désormais la Cour des comptes européenne qui s'alarme des niveaux de la pollution de l’air. Fait peu banal, l’institution vient de publier un long rapport sur les enjeux pressants liés à ce phénomène, notamment par rapport au coût financier qu’il représente pour les Etats membres.
LE NUAGE DE POLLUTION SUR PARIS - France - écologie - financer verte - environnement
LE NUAGE DE POLLUTION SUR PARIS - France - écologie - financer verte - environnement

Dans un rapport publié hier et de façon inédite, la Cour des comptes européenne (CCE) s’insurge contre la contamination de l’air dans l’Union européenne (UE). Long de plus de 70 pages, ce document, intitulé : "Pollution de l’air : notre santé n’est toujours pas suffisamment protégée" est alarmant.

Dans le communiqué de presse publié le même jour, l’institution est claire, "l’action engagée par l’UE pour protéger la santé humaine contre la pollution atmosphérique n’a pas produit les effets escomptés". Il n’est en fait pas étonnant que la CCE, qui contrôle habituellement la gestion financière de l’UE et de ses institutions, s’intéresse de près au sujet. Car d'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), "son coût sanitaire externe s’y chiffre en centaines de milliards d’euros par an". Or le coût engendré par la pollution de l’air ne fait l’objet d’aucune "action appropriée".

"Au cours des dernières décennies, les politiques de l'UE ont contribué à faire diminuer les émissions, mais la qualité de l'air ne s'est pas améliorée au même rythme, et les effets sur la santé publique restent considérables", a déclaré Janusz Wojciechowski, le membre de la CCE, responsable du rapport. De fait, l’an dernier l’Agence européenne pour l’environnement - créée en 1993 - expliquait que, malgré la baisse des émissions de polluants atmosphériques causées par l’homme, la qualité de l’air en Europe ne s’est toujours pas améliorée. Car aucune relation linéaire ne lierait ces deux variables. Notamment parce que les polluants peuvent se transporter sur de longues distances, l’UE souffrant ainsi d’émissions d’autres pays de l’hémisphère nord.

La politique de l'environnement dans la zone est le produit de l'action conjointe des trois institutions européennes - Commission européenne, Parlement européen, Conseil de l'UE - et des gouvernements des États membres. Concernant la politique menée jusqu'ici, si les efforts ne sont pas suffisants comme le rappelle la CCE, il faut reconnaître que quelques initiatives ont été prises à l'échelle paneuropéenne. Par exemple, Le programme air pur pour l’Europe (CAFE) créé en application du sixième Programme d’Action pour l’Environnement donne des conseils stratégiques aux États membres, la stratégie thématique sur la pollution atmosphérique énonce les objectifs - ambitieux - de la politique européenne à l’échéance de 2020. Et, plus contraignante, la directive relative aux plafonds nationaux d’émission - dite PEN - impose des plafonds d’émission de quatre polluants aux États membres, nuisibles pour l’environnement et la santé humaine. Mais dans les faits et même lorsqu'elles sont obligatoires, peu de pays appliquent réellement ces consignes. Le rapport inédit de la CCE s'adresse directement à la Commission, qui espérons-le, prendra cette alerte comme un véritable avertissement de conduite.

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