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GIEC : le nouveau rapport
"Pour ce qui est de l’avenir, il ne s’agit pas de le prévoir, mais de le rendre possible" écrivait Antoine de Saint-Exupéry dans son œuvre Citadelle en 1948. Voilà une phrase qui résume la conférence donnée ce matin par le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC) à Genève pour présenter le résumé du prochain rapport spécial sur le changement climatique et les terres à l'intention des décideurs politiques et qui a été publié dans la foulée de la conférence.
Les échanges des conférenciers - qui sont toujours publiés en direct sur Facebook - se sont portés essentiellement sur les conclusions du rapport. Si l'on devait résumer le rapport de 1.200 pages, il va falloir améliorer considérablement la gestion des terres et cesser la déforestation. À la question de savoir ce que les auteurs du rapport pensent de la nouvelle stratégie de gestion de la forêt amazonienne du Président brésilien Jair Bolsonaro et après un long silence embarrassant, Hans-Otto Pörtner, co-président du Groupe de travail du GIEC, répond : "Cette stratégie va tout simplement à l'encontre de toutes les conclusions du rapport."
Bien qu'il soit souvent compris à tort comme un organisme qui recommande, et propose des directives, le GIEC a uniquement pour but de faire un état des lieux objectif de la situation climatique. Bien sûr, les évaluations du GIEC fournissent aux gouvernements, à tous les niveaux, des informations scientifiques qu'ils peuvent utiliser pour élaborer des politiques climatiques, mais il n'y a jamais d'obligations.
Ce rapport délivre quelques grands messages, indique la paléoclimatologue française Valérie Masson-Delmotte présente à la conférence. "Il montre à quel point les terres sont sous pression humaine, le changement climatique ajoutant une pression supplémentaire. Il montre aussi que notre gestion des terres fait à la fois partie des problèmes et des solutions". Par exemple, la culture de biocarburants pour aller vers la gestion plus durable des terres, pourrait à son tour jouer sur la qualité des terres, particulièrement celles arables et accroître les risques de désertification et de dégradation. Les bioénergies mettraient aussi en danger la sécurité alimentaire, par une compétition accrue sur les sols.
Aujourd'hui, l'activité humaine affecte directement plus de 70 % de la surface terrestre mondiale libre de glace. Si les émissions associées aux activités de pré-production et de post-production dans le système alimentaire mondial sont incluses dans les activités proprement liées à l'agriculture, à la foresterie et à l'utilisation des terres, alors les émissions sont estimées entre 21 et 37 % des émissions anthropiques nettes totales de gaz à effet de serre.
Le nouveau rapport du GIEC met en avant la réduction de la déforestation puisque les arbres sont de précieux puits de carbone. Mais fait aussi la promotion de l'agroforesterie, ce mode d'exploitation qui combine à la fois la production agricole et la production d'arbres ; l'optimisation de l'usage de l'eau bien sûr, et une transformation du système alimentaire mondial. Le GIEC conclut qu'il faudrait lutter contre le gaspillage alimentaire (entre 25 et 30 % de pertes estimées) et réduire la consommation d'animaux au profit de légumineuses et de céréales. Et s'il y a peut-être quelque chose de moins angoissant à toutes ces conclusions, c'est que la grande majorité des options d'intervention évaluées contribuent positivement à la durabilité de l'environnement mais aussi au développement de nombreux objectifs sociétaux, en particulier sur le taux de pauvreté mondiale.
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