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Face au réchauffement climatique, le GIEC déplore le manque d’investissements / Les experts plaident pour une action massive et urgente
Il faut agir sans attendre et de façon massive pour le climat car il sera bientôt trop tard. Dans son dernier rapport, synthèse des huit dernières années de travaux, le groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) répète inlassablement le même message : les activités humaines bouleversent le climat à un rythme et avec une ampleur sans précédent depuis des millénaires entraînant des impacts toujours plus ravageurs, généralisés et désormais souvent irréversibles.
Jusqu’à présent, plus d’un siècle de combustions de matières fossiles et d’une utilisation inégale et non durable de l’énergie et des sols a entraîné une élévation de la température de 1,1 degré par rapport à la période préindustrielle. La cadence et l’envergure des mesures prises jusqu’ici, tout comme les mesures planifiées à ce jour, "ne sont pas suffisantes" pour faire face à la catastrophe qui s’annonce. Pour l’empêcher, il faudrait une "réduction radicale, rapide et durable" des émissions de gaz à effet de serre, de l’ordre de 50 % d’ici à 2030, estiment les experts.
Tout n’est pourtant pas perdu. Il existe des "solutions réalistes et efficaces à portée de main", rappelle le GIEC, pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et s’adapter au changement climatique afin de limiter le réchauffement à 1,5 degré, même si pour beaucoup ce seuil devient de moins en moins réaliste. "La bombe à retardement climatique poursuit son compte à rebours, mais ce rapport est un guide pratique pour la désamorcer, un guide de survie pour l’humanité", a réagi le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres.
Davantage d’investissements
Si les solutions existent, encore faut-il pouvoir les financer. C’est bien là tout le problème, déplore le GIEC, qui exhorte à "investir davantage de ressources au profit du climat" et compte sur les investisseurs, les Banques centrales et les organismes de réglementation financière pour "jouer un rôle décisif".
En effet, alors que l’écart entre le coût estimé de la lutte contre le changement climatique et les fonds alloués à la cause climatique s’accentue, la croissance des investissements en la matière, elle, ralentit depuis 2018. Or, les besoins moyens d’investissements pour limiter le réchauffement à 1,5 ou 2 degrés sont aujourd’hui trois à six fois supérieurs aux niveaux actuels, dans tous les secteurs et dans toutes les régions.
Plus alarmant encore, les flux financiers publics et privés consacrés aux énergies fossiles demeurent toujours plus importants que ceux alloués à la lutte contre le réchauffement climatique. Sans oublier d’aider les pays en développement : les transferts du Nord vers les pays du Sud, les plus vulnérables, devraient atteindre près de 100 milliards de dollars par an, pour que l’action soit véritablement efficace sur l’ensemble de la planète. Un montant encore loin d’être atteint, malgré les engagements et les promesses des pays développés.
Cercle vicieux
Le temps presse car les effets néfastes et les évènements climatiques extrêmes, induits par le changement climatique, amenuisent la disponibilité des ressources financières au fur et à mesure qu’ils entraînent des pertes et des dommages et entravent la croissance économique, expliquent les experts.
Tous les pays doivent "appuyer immédiatement sur l’accélérateur", résume Antonio Guterres, qui demande aux économies développées d’avancer l’atteinte de la neutralité carbone. Le patron de l’ONU, qui accueillera un sommet sur le climat à New York en septembre, attend que les pays revoient à la hausse leurs engagements d’ici à la conférence mondiale sur le climat (COP28), qui aura lieu en novembre à Dubaï, aux Émirats arabes unis, tout un symbole. "Chaque pays doit faire partie de la solution. En exigeant que les autres agissent en premier, on s’assure que l’humanité arrive en dernier", conclut Antonio Guterres.
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