Macro-économie / Taux / B20 / g20 / financement à impact / réchauffement climatique / émissions / co2
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B20 / g20 / financement à impact / réchauffement climatique / émissions / co2
Le B20 attire l'attention du G20 sur les crises actuelles
Le forum B20 (qui regroupe des entreprises, fédérations professionnelles et organisations patronales des pays du G20) a établi une liste de recommandations avant le début du G20. Cette année, il insiste particulièrement sur davantage d’inclusion concernant les risques ESG dans la finance, l’accessibilité au financement pour les micros, petites et moyennes entreprises (MPME), sur une répartition plus équitable de la distribution des vaccins envers les pays qui en sont le plus démunis, sur l'investissement dans et l'accès à la santé, l'apport de réponses plus pertinentes et efficaces pour atteindre les objectifs des Accords de Paris et, enfin, sur la mise en place d'une gouvernance mondiale de prévention de crises.
Le B20 demande au G20 d’inclure les risques ESG dans un environnement réglementaire visant à augmenter les capitaux privés en direction du bien public. En effet, ces risques posent des défis importants pour l’économie mondiale et la stabilité financière. Le développement durable est une considération majeure croissante lors d’un investissement. Dans ce contexte, le B20 utilise le concept des investissements "à impact", réalisés avec l’intention de généraliser des résultats positifs et mesurables aux niveaux social et environnemental, sans négliger les rendements financiers. C’est pourquoi le G20 devrait travailler à la définition d’une taxonomie sur la finance durable et l’économie circulaire, ainsi que s'atteler à harmoniser un cadre de divulgation des critères ESG, estime le B20. Avec des institutions publiques et internationales, le G20 pourrait soutenir le lancement de fonds dédiés aux investissements à impact.
L’importance d’aider les MPME à se financer n’est plus à prouver. En effet, celles-ci représentent environ 90 % des entreprises, emploient plus de 50 % de la population active et contribuent dans le monde à hauteur de 40 % du revenu national dans les pays émergents. Un des problèmes majeurs que rencontrent ces MPME est d’accéder à des produits financiers. En effet, aujourd’hui, il existerait un écart entre la demande et l’offre de 3 400 milliards d’euros, soit 20 % du commerce mondial de marchandises. Afin de réduire cet écart, le B20 propose d'améliorer l’offre de produits standardisés, de réduire les charges et les coûts de transaction et de simplifier l’ensemble de l’écosystème avec des solutions numériques. Par ailleurs, tout particulièrement les agents de crédits à l’exportation et les institutions de finance du développement devraient combiner services de conseil et de prêt pour fournir des ressources adéquates et de produits ciblés de réduction des risques financiers. Cette mesure est d’autant plus intéressante, estime le B20, qu’il existe une demande de plus en plus importante pour les actifs non cotés de la part des investisseurs.
Le B20 exhorte les pays du G20 à faire tomber les barrières du protectionnisme en arguant qu’un système commercial ouvert pourrait ouvrir la voie à 1 600 milliards de dollars, voire 1 800, supplémentaires dans le commerce du G20. Plus particulièrement, il demande de mettre un terme au protectionnisme sur les vaccins et requiert du G20 de s’engager fermement en faveur d’un approvisionnement et d’une distribution équitable des vaccins sur le modèle des principes de proportionnalité. D’autant plus que les problèmes d’approvisionnement sur les chaînes de valeur sont en partie responsables du ralentissement de la production des pays de l’Asie du Sud-Est, région du monde où la campagne de vaccination est très peu avancée. Moins de 10 % de la population totale au Vietnam est vaccinée et environ 20 % pour les Philippines et l’Indonésie. Par ailleurs, la paralysie mondiale à la suite de la propagation du virus de la Covid-19, puis le développement fulgurant du vaccin pour lutter contre ce virus et enfin, la forte reprise économique, bien qu’inégalitaire géographiquement, sont la preuve de l’importance de continuer à investir massivement dans la santé et d’en améliorer l’accès.
Le B20 dénonce la petitesse de la plupart des mesures prises pour lutter contre le réchauffement climatique et le respect de l’environnement par rapport aux objectifs des Accords de Paris. Actuellement, le monde consomme des ressources naturelles à 1,75 fois le rythme auquel notre planète peut les régénérer. En revanche, le B20 estime que grâce aux dernières évolutions technologiques, le monde peut accélérer la décarbonation de l’économie mondiale et la transition vers le développement durable des modèles énergétiques. Plus particulièrement, le forum pousse le G20 à s’engager à réduire la pollution mondiale par les plastiques en faisant sauter toutes les barrières existantes à la circularité et aux recyclages des matériaux pour assurer un cycle de vie plus long des produits.
Enfin, pour ne plus être pris au dépourvu et ne plus avoir à subir une récession économique aussi forte, le B20 conseille de créer une gouvernance mondiale de prévention des crises. Conseil d'autant plus avisé que le monde actuel est de plus en plus interconnecté et interdépendant transformant plus facilement une crise locale en une crise mondiale. Cette gouvernance aura pour rôle d'envisager les différents risques, ainsi que les différents scenarii qui pourraient en découler et de prévoir donc des plans pour les prévenir. Il détiendrait aussi la responsabilité de définir un cadre réglementaire prévisible et fiable pour accélérer la décarbonation et atteindre le développement durable en créant des conditions de marché équitables et attrayantes à l'échelle mondiale.
In fine, l'ensemble de ces recommandations est fortement marqué par la crise sanitaire, économique et climatique. Elles visent à montrer aux vingt pays dont les PIB accumulés représentent plus de 90 % du produit mondial brut, l'importance d'un point de vue commercial et économique de s'y conformer.
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