WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
financement; secteur privé; allocation

Macro-économie / Taux / Banque Mondiale / Malpass / réchauffement climatique

Macro-économie / Taux
Banque Mondiale / Malpass / réchauffement climatique

Le secteur privé doit faire mieux contre le réchauffement climatique / Ce combat n'est pas uniquement du ressort des États

La Banque mondiale souhaite augmenter significativement le montant des capitaux privés alloués à la transition énergétique. Les pays en développement ont besoin de la bagatelle de 2 400 milliards de dollars, sur sept ans, afin de faire face aux coûts engendrés par le climat, les pandémies et les conflits.
Feu de forêt. Sebastien ORTOLA/REA
Feu de forêt. Sebastien ORTOLA/REA

" Le monde en développement est confronté à des perspectives extrêmement difficiles, avec une croissance lente et des taux d’intérêt en hausse." Le tableau assez noir dressé par David Malpass, président de la Banque mondiale, s’accompagne d’une exhortation à mieux allouer le capital disponible. Tant au niveau géographique que sectoriel, il estime "qu’une grande partie des capitaux disponibles dans le monde est absorbée par un groupe restreint dans les économies avancées pour soutenir les dettes nationales massives". Il serait plus judicieux à ses yeux de se concentrer sur des thèmes importants pour son institution, notamment en "matière de réduction de la pauvreté, de prospérité partagée et de durabilité. "

Cet avertissement est accompagné d’un autre constat ; celui de l’aggravation des inégalités, il argue notamment que "les niveaux de vie divergent au lieu de converger." Le président de la Banque mondiale a martelé qu’il s’agissait d’un " chiffre énorme, bien supérieur à la situation actuelle ", ce qui indique donc que " les infrastructures sont donc [actuellement] gravement sous-financées." Compliqué pour ces pays de s’impliquer dans la transition énergétique quand ils n’arrivent pas à faire face à leurs besoins vitaux. Ce qui explique l’ambition de la Banque mondiale, de "faciliter l’apport d’un volume beaucoup plus important de capitaux privés pour des projets ayant un impact sur le développement durable et susceptibles d’être étendus."

 

Nouvelle donne

 

Si rien n’est fait, il faut donc s’attendre à ce qu’au "lieu d’augmenter, […] à ce que le stock de capital de 20 % des pays émergents diminue entre 2021 et 2024" et à en croire " certaines estimations, [elles] font même état d’un déclin dans la quasi-totalité des EMDE à un moment où une croissance massive des investissements est nécessaire." De quoi renforcer l’importance des capitaux privés, ce qui fait réaffirmer à l’institution son attachement "à créer des marchés bien réglementés et compétitifs qui attirent l’investissement privé."

La Banque mondiale aspire dorénavant "à terme, à la création d’une classe d’actifs massive, dynamique et investissable pour les infrastructures dans les pays en développement, au-delà des frontières et des secteurs, afin de diversifier les risques et de réduire les coûts de financement." Afin d’y parvenir, il est question certes de retravailler les analyses effectuées afin d’identifier les freins à l’investissement mais surtout de pousser les projets dans des secteurs clés. Parmi lesquels figurent l’accès à l’énergie ou l’économie numérique.

 

Première de cordée


Le mandat de David Malpass arrive à échéance en juin et il n’a pas manqué d’évoquer le fonds appelé SCALE (pour action climatique à grande échelle par la réduction des émissions) lancé lors de sa mandature. Parfois accusé de ne pas en faire assez contre le réchauffement climatique, il a souligné à quel point cette proposition pouvait représenter "un canal important pour fournir des financements mixtes dans les pays à revenu intermédiaire afin de financer des réductions d’émissions vérifiables et d’aider les pays à établir un historique de projets susceptibles de débloquer des capitaux privés par l’intermédiaire des marchés du carbone."

Tout comme il a rappelé que l’institution qu’il dirige avait su mettre en place des obligations de résultat, notamment "une obligation pour les rhinocéros en Afrique du Sud […] où les paiements aux investisseurs dépendent de résultats vérifiables. " Un des buts affichés étant d’éviter tout greenwashing.

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article