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Réchauffement climatique; réforme; institution

Macro-économie / Taux / Ajay Banga / Banque Mondiale / Malpass

Macro-économie / Taux
Ajay Banga / Banque Mondiale / Malpass

Ajay Banga sera le nouveau visage de la Banque mondiale / La lutte contre le réchauffement climatique s’annonce comme sa principale priorité

La Banque mondiale vient de voir ses administrateurs choisir Ajay Banga pour présider à sa destinée. Le mandat de cinq ans de l’ancien président-directeur général de Mastercard, qu’il débutera début juin, va le voir tenter de résoudre la question complexe du financement de la lutte contre le changement climatique.
Ajay Banga. Matthias Oesterle/ZUMA/REA
Ajay Banga. Matthias Oesterle/ZUMA/REA

"Je tiens à féliciter Ajay Banga, mon candidat au poste de président de la Banque mondiale". La réaction de Joe Biden, président des États-Unis, ne s’est pas fait attendre et elle témoigne du pré carré américain qu’est la présidence de l’institution. À une différence notable près, cette fois-ci ce n’est pas un pur produit de l’Oncle Sam qui était candidat mais le deuxième de l’histoire à être d’origine étrangère. Un profil plus international qui pourrait davantage parler tant aux pays actionnaires qu’aux pays clients de l’institution.

Son agenda lui est en grande partie déjà indiqué par l’occupant du bureau ovale, ce dernier espère qu’il "aidera l’institution à évoluer et à se développer pour relever les défis mondiaux". Parmi ces derniers, il érige en priorité "sa mission principale, à savoir la réduction de la pauvreté, y compris le changement climatique ". Pour y réussir, il compte sur le profil d’entrepreneur d’Ajay Banca pour "introduire les changements fondamentaux dans le financement du développement qui sont nécessaires à l’heure actuelle" et pour ce faire, il sera crucial d’arriver à faire travailler de concert les secteurs privé et public.


Changement de décor

 

Au républicain fin connaisseur des arcanes politiques outre-Atlantique qu'est David Malpass, succède un profil bien différent. Ajay Banga a pêle-mêle occupé le poste de président-directeur général de Mastercard, a été vice-président du conseil d’administration de General Atlantic où il fut également conseiller de leur fonds axé sur le climat, BeyondNetZero. La Banque mondiale met également en avant le fait qu’il "a précédemment siégé aux conseils d’administration de la Croix-Rouge américaine, de Kraft Foods et de Dow Inc."

Une expérience qui ne sera pas de trop, couplée à celles de président honoraire de la Chambre de commerce internationale, de 2020 à 2022, et de coprésident du Partenariat pour l’Amérique centrale. Le nouveau patron de la Banque mondiale a veillé à parcourir le globe ces derniers mois, pour s’attacher le plus de soutien possible quel que soit le continent.



L’heure du changement

 

Une tournée qui a également suscité bien des attentes, à l’instar de celle exprimée hier par le ministre de l'Économie français Bruno Le Maire ; ce dernier compte "sur lui pour mettre en œuvre une évolution ambitieuse de la Banque mondiale, notamment en intégrant davantage la transition écologique dans ses projets". Un sujet sur lesquels il serait bienvenu que l’institution avance rapidement, tant la position de l’actuel président avait manqué de clairvoyance et d’engagements forts.

L’institution basée à Washington doit également veiller à conserver son triple A, pour continuer à pouvoir prêter à des taux les plus intéressants possibles. Le nouveau président sera également confronté au dilemme d’une recapitalisation potentielle, devant concilier le récent avis défavorable de Janet Yellen, secrétaire au Trésor américaine, avec les appels insistants de nombre de pays en développement. Un sujet à régler rapidement et de façon claire et ce d’autant plus que le rôle de la Banque mondiale commence à être remis en cause, que ce soit en matière de financements de projets avec des États tels que la Chine qui occupent une place nouvelle depuis plusieurs années.

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