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Banque Mondiale / Dette
La Banque mondiale alerte sur la dette des émergents
La dernière vague d'endettement massif survenue entre 2010 et 2018 dans les pays émergents et en développement est la plus rapide et la plus importante survenue en 50 ans et pourrait se solder par une nouvelle crise, a averti hier la Banque mondiale. En 2018, la dette de ces pays a en effet atteint 55.000 milliards de dollars.
Le rapport - Global Waves of Debt - analyse les quatre principaux épisodes d'accumulation de dette qui se sont produits dans plus de 100 pays entre 1970 et 2018. Aussi, dans le cas où la dernière vague venait à se briser, cela serait particulièrement déstabilisant pour les pays concernés, puisqu'elle engloutirait non seulement les gouvernements mais aussi le secteur privé à un moment où la croissance économique ralentit. En effet, selon l'étude, cette dernière vague d’endettement diffère des trois précédentes à plusieurs égards : elle se traduit par une accumulation simultanée de dette publique et privée, elle implique de nouveaux types de créanciers et n'est pas limitée à une ou deux régions.
De fait, une partie de l'augmentation de la dette est attribuable à la Chine, dont le ratio dette/PIB a augmenté de 72 points de pourcentage depuis 2010 et atteint aujourd'hui 255 %. Toutefois, même en excluant l'Empire du Milieu, l'endettement reste globalement élevé dans les économies émergentes et en développement, où son niveau a doublé depuis 2007. Dans le détail et selon les dernières estimations de la Banque, le ratio de la dette sur le PIB des pays en développement a grimpé de 54 points de pourcentage, à 168%, depuis le début de l'accumulation de la dette en 2010. En moyenne, ce ratio a augmenté d'environ sept points de pourcentage par an, soit près de trois fois plus vite que lors de la crise de la dette en Amérique latine dans les années 1980. En conséquence de quoi, la Banque mondiale exhorte "les décideurs à agir rapidement pour renforcer leurs politiques économiques et les rendre moins vulnérables aux chocs financiers".
Plus globalement, l'augmentation impliquant tant la dette publique que privée, est un phénomène observé dans la quasi totalité des régions du monde, ajoute la Banque mondiale. "La taille, la rapidité et l'ampleur de la dernière vague de dette devraient nous concerner tous", a estimé son président, David Malpass. "Clairement, il est temps de corriger la trajectoire". Depuis des années, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) tirent la sonette d'alarme sur l'augmentation de la dette mondiale. Ainsi, selon les dernières estimations du FMI, la dette mondiale totale, secteur privé et public confondus, atteignait 188.000 milliards de dollars fin 2018, soit l'équivalent de près de 230% du PIB mondial.
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