Macro-économie / Taux / ESG / réchauffement climatique / réassurance / Swiss Re
Macro-économie / Taux
ESG / réchauffement climatique / réassurance / Swiss Re
Le réchauffement climatique ne convainc pas les investisseurs
Des "efforts collectifs des secteurs public et privé", voilà ce qu'espère Swiss Re pour que la "décarbonisation de l'économie" soit accomplie en temps et en heure. La toute nouvelle étude du réassureur suisse donne nombre de pistes pour accélérer la cadence ; Jérôme Haegeli, le chef économiste de Swiss Re, relève que "le marché des obligations vertes représente encore moins de 2% de la valeur du marché obligataire mondial, ce qui signifie qu'il est beaucoup trop petit". Un constat qui lui fait dire qu'on est en droit d'attendre "une action plus forte [...] pour réduire les obstacles à l'investissement et une convergence internationale sur la taxonomie des investissements climatiques et verts."
Deux longueurs
Le constat posé par les équipes de Jérôme Haegeli n'est effectivement pas dithyrambique, loin s'en faut, puisqu'il pointe un déficit d'investissement colossal. Ce dernier est chiffré à "270 000 milliards de dollars dans les secteurs de l'énergie, des transports, des bâtiments et de l'industrie entre 2022 et 2050". Un trou béant qui ne pourra "être comblé [que] grâce aux efforts collectifs des secteurs public et privé".
Pour le moment, le chef économiste du réassureur suisse note que "les investissements dans la décarbonisation ont augmenté de 5 % par an en moyenne depuis 2016". Un rythme qui, si il est maintenu, "signifie que les objectifs de zéro net de 2050 seront probablement manqués de 20 ans". Les pertes pour la croissance mondiale en seraient décuplées ; le rapport estime qu'elles pourraient monter jusqu'à 10 % dans quelques décennies.
Premiers intéressés
Le secteur de l'assurance et de la réassurance est attendu aux premières loges au vu du coût important pour lui du réchauffement climatique. Les évènements extrêmes que ce dernier favorise sont tout autant onéreux à indemniser. Swiss Re avance également que "l'horizon à long terme des engagements et du capital à long terme" dont disposent les compagnies d'assurance font qu'elles "sont bien placées pour jouer un rôle dans la transition verte".
Cette position au long cours du secteur doit lui permettre "d'améliorer le profil risque/rendement des projets d'investissement respectueux du climat". L'objectif étant in fine de permettre aux acteurs du marché de pouvoir prendre des décisions "d'investissement claires et informées". Un vrai travail de fond alors qu'on vient d'apprendre que la Louisiane vient de réduire sa collaboration avec Blackrock, ce dernier aurait en effet trop priorisé les critères liés à l'environnement.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

