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ESG / ESG / Generali / Generali Investments / Environnement / Négociations / financement à impact / Impact

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ESG / Generali / Generali Investments / Environnement / Négociations / financement à impact / Impact

Et si la négociation faisait plus de preuves en matière d’impact / De quoi mesurer l'influence des investisseurs de manière tangible

Quand une entreprise détenue dans un portefeuille doit s’améliorer sur son impact environnemental, social ou de gouvernance, les investisseurs peuvent avoir leur rôle à jouer. Mais comment, pour ces derniers, se rendre compte de l’effet qu’ils produisent réellement sur ces avancées ? Et surtout, les mécanismes de vote sont-ils vraiment utiles à celles-ci ? François Humbert, directeur de l’engagement chez Generali Investments et nouveau président de l'initiative Climate Action 100+, explique une manière de procéder qu'il développe et qui pourrait bien venir pallier ces problématiques.
François Humbert (DR)
François Humbert (DR)

La saison des assemblées générales touche à sa fin et il est d’ores et déjà possible d’en tirer quelques enseignements. Le premier : la thématique environnementale en aura été l’un des sujets phares. Selon le panorama des AG européennes mené par la fintech Scalens, le temps accordé à la thématique aura représenté 29 % des questions posées par les actionnaires (contre 18 % en 2022) et 33 % des résolutions proposées par les porteurs d’actions auront concerné la question environnementale. Le cause a ainsi concentré la plus forte proportion des propositions des actionnaires.

Un sujet de la plus haute importance donc, mais dont le débat et le vote en assemblée générale ne permettent pas forcément de mesurer d’une manière concrète, pour les investisseurs, l’influence réelle qu’ils peuvent avoir sur les sociétés émettrices. Ni même d’obtenir de la part des entreprises des engagements d’impact concrets.

Ce qui met en exergue une certaine différence entre l’intentionnalité et l’additionnalité : la première concerne la volonté d’un investisseur de générer un impact positif sur le plan social et environnemental au travers de ses investissements. Une chose importante lorsqu’il s’agit de verdir la finance et le monde des entreprises. Mais l’additionnalité, qui correspond quant à elle à la contribution particulière d’un investisseur et qui permet à une entreprise d’augmenter son impact positif, en est une autre.

 

Faire plutôt de l’engagement

 

"Il se produit un mouvement important, qui va de l’exclusion à l’engagement [au sens de l’influence, d’un actionnariat actif, ndlr]. L’exclusion, qui consiste à se demander si une entreprise est vertueuse ou non avant de la retirer de notre portefeuille, ne résout pas le problème fondamental. Parce que l’entreprise existera toujours", explique François Humbert, directeur de l’engagement chez Generali Investment et nouveau président du Climate Action 100+, lors d’un entretien accordé à WanSquare.

Après avoir créé il y a cinq années l’activité d’engagement actionnarial au sein du groupe Generali, cet ingénieur de formation a développé une nouvelle approche permettant d’évaluer de manière tangible l’impact des investisseurs sur les mesures prises par les entreprises en termes d’écologie, de politique sociale ou de gouvernance.

Dans l’idée, la démarche nécessite tout d’abord une connaissance approfondie de l’entreprise, de ses données et de son modèle d’affaires. Et consiste dans un premier temps à définir une stratégie, avec des objectifs réalistes. "Notre approche d’engagement à impact nécessite de construire une vraie crédibilité auprès de l’entreprise. Cette crédibilité nous permet de créer une relation de confiance, pour négocier ensuite avec elle de manière constructive. J’insiste sur ce terme de négociation : c’est à mon sens une nouvelle expertise qui est complémentaire de celle de l’ESG standard", souligne François Humbert. Cette relation de confiance créée et les négociations une fois lancées, Generali Investments s’attache par la suite à rassembler autour de ces objectifs d’autres investisseurs, à créer une sorte de coalition pour peser dans la balance.

 

Mesurer l’impact

 

Le président de Climate Action 100+ donne en exemple le cas de CEZ, un groupe tchèque spécialisé dans l’énergie. La méthode aura permis à la société d’obtenir la validation du Science Based Targed initiative (SBTi) pour sa stratégie climatique à horizon 2030. Après, donc, que Generali a souligné l’importance de réaliser ces avancées en assemblée générale, accompagné l’entreprise pour créer cette feuille de route et rassemblé d’autres investisseurs autour de la table des négociations. "Nous pouvons mesurer notre impact (au sens de la contribution), lorsque l’entreprise reconnaît elle-même publiquement que c’est en partie grâce à nous qu’elle a réalisé ces avancées en précisant de manière spécifique notre valeur ajoutée au cours du processus. Cette capacité à démontrer notre impact est, à nouveau, un élément complémentaire de l’analyse ESG classique", se félicite François Humbert.

"Mais le principe reste de se tourner vers des entreprises dans lesquelles nous investissons, d’identifier celles dans lesquelles nous avons la plus forte exposition et les entreprises où il y a le plus de risques ESG. Chez CEZ, 32 % de leur mix énergétique (à fin 2021) est par exemple composé de charbon. Il est aussi nécessaire de travailler avec des entreprises où il sera possible de faire avancer les choses au travers de la négociation", poursuit-il. Dans le cas d’une entreprise automobile allemande à la gouvernance complexe, souffle-t-il par exemple, engager des efforts pour ne (probablement) pas arriver à un résultat, ne fait donc pas forcément partie des stratégies prioritaires.

Pas question, donc, de s’atteler à avoir une influence dans toutes les sociétés qui en ont besoin. D’abord parce que l’approche reste financière : "Nous choisissons des entreprises dans lesquelles nous croyons, dont la dimension et la robustesse financières sont rassurantes mais nous nous engageons là où des éléments ESG sont à améliorer", précise François Humbert. Et même si cette stratégie d’actionnariat actif ne repose donc pas sur l’exclusion, il assure : "Nous nous engageons en fait sur les sociétés de notre portefeuille qui sont, en quelque sorte, les moins bien notées. Bien sûr il y a de l’exclusion au départ, dans la construction de ce dernier, mais nous privilégions celles avec lesquelles nous avons une relation constructive et nous nous appuyons sur les interlocuteurs qui veulent réellement faire bouger les choses".

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