WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
batteries voitures électriques Airbus European Battery Alliance

Politique européenne / Environnement / Batteries électriques / Bruno Le Maire

Politique européenne
Environnement / Batteries électriques / Bruno Le Maire

L'Airbus des batteries électriques patine à cause de l'Allemagne

L'Union européenne fait pression sur le ministre de l'Économie allemand Peter Altmeir pour qu'il se hâte de présenter des propositions concrètes sur le projet européen de batteries électriques. Après plus de six mois de travaux, aucun plan d'investissement tangible n'a émergé.
Bruno Le Maire
Bruno Le Maire

C'était pourtant une très bonne idée. En septembre dernier, Bruno Le Maire et son homologue allemand Peter Altmeier annonçaient leur volonté de lancer un grand projet de rapprochement dans le domaine des batteries électriques. Une façon pour l'Europe d'unir ses forces et ses ressources pour ne pas passer à côté de cette révolution technologique essentielle pour l'industrie automobile dans les prochaines années. L'Asie étant déjà en situation de quasi-monopole dans les batteries lithium ion. Ces petites batteries équipent presque la totalité des véhicules hybrides ou électriques et seront soumises à une très forte croissance puisque, selon un rapport de mai 2018 publié par le cabinet Frost & Sullivan, les voitures propres pourraient représenter un quart du marché automobile d'ici 2025.

Les deux ministres souhaitaient donc rattraper leur retard dans le domaine. "Je regrette de voir d'un côté la France qui investit, de l'autre l'Allemagne qui investit, et puis un peu plus loin à l'Est, la Chine qui investit quinze fois plus que la somme de ce que font la France et l'Allemagne séparément", avait alors déclaré le ministre Bruno Le Maire. Au même moment, la Commission européenne dévoilait le même type de projet à l'échelle du continent, surnommé l'European Battery Alliance, ou "Airbus des batteries".

Sauf que six mois plus tard, le chantier semble au point mort. Selon les informations du Handelsblatt, l'UE a mis la pression sur l'Allemagne pour qu'elle présente au plus vite son projet d'usines de batteries électriques. Le ministre de l'Économie allemand avait initialement annoncé qu'il devrait pouvoir dévoiler aux côtés de la France des consortiums transfrontaliers pour la mise en place de la production de cellules de batteries, avant la fin du premier trimestre 2019. Le début du second trimestre a commencé et rien n'a pour l'instant émergé. Or l'UE a promis de financer une partie de ces projets, qui pourraient recevoir près d'un milliard de subventions, s'ils sont sélectionnés.

Mardi dernier, le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic, avait d'ailleurs invité à Bruxelles les gouvernements qui se sont engagés à construire leur propre chaîne de production au sein de l'European Battery Alliance, afin qu'ils présentent l'état d'avancement de leurs projets. Le vice-président souhaitant dans l'idéal consulter les dossiers de demandes de financement avant la prise de fonction de la prochaine Commission européenne. "Nous sommes prêts à réagir très rapidement, mais nous avons besoin des propositions dès que possible", a déclaré Sefcovic.

Sur le dossier, ce dernier travaille en étroite collaboration avec la Commissaire à la concurrence Margrethe Vestager, également responsable des enquêtes sur les aides d'État et réputée pour sa grande méticulosité. Pas d'aide d'État de l'UE sans projet viable et fiable derrière donc. Certes, le ministre allemand Peter Altmaier a demandé que la production de batteries électriques soit reconnue comme un projet important d'intérêt européen commun (IPCEI). Ce qui permettrait aux États concernés de recevoir un financement de démarrage plus généreux qu'il ne le serait autrement, en vertu des règles communautaires strictes en matière d'aides d'État. Mais encore faudrait-il qu'il présente quelque chose en la matière, a averti la Commission.

Et pour une fois, la France est bien plus en avance sur le projet. Bruno Le Maire a déjà affecté 700 millions d'euros supplémentaires au projet et si les fonctionnaires des ministères de Berlin et de Paris travaillent en étroite coordination entre eux et avec les autorités bruxelloises de la concurrence pour faire évoluer rapidement les choses lorsque les consortiums seront enfin présentés, les projets de la France sont déjà bien avancés, selon des hauts fonctionnaires européens cités par la presse allemande. Aujourd'hui, c'est l'Allemagne qui piétine. Alors que son industrie automobile, en perte de vitesse, aurait grand besoin de se développer dans cette nouvelle filière.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article