WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche
Abonnez-vous
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienne
voiture électrique sinistre industriel

Politique économique / Batteries électriques / PSA

Politique économique
Batteries électriques / PSA

Le prochain sinistre industriel de l'Europe

D'ici six ans, la moitié des voitures en circulation dans l'hexagone sera électrique. Sans le savoir-faire de la batterie, le secteur de l'auto pourrait être le prochain bain de sang après celui de la sidérurgie et du textile. Le gouvernement se mure dans le silence.
Rolls-Royce - luxe - voiture
Rolls-Royce - luxe - voiture

Pour atteindre le niveau d'émissions qu'impose aujourd'hui l'Europe, il faudra demain une part importante de voitures électriques. La Chine, qui réfléchit depuis plus de deux décennies à cette question oubliée du Vieux Continent, pourra se délecter de la plus grande part du gâteau. Pendant que notre industrie automobile sombrera progressivement dans un bain de sang général - après celui de la sidérurgie et du textile - que le gouvernement essayera d'éviter à coups de dépenses publiques, alors que les grandes instances appellent à l'accalmie budgétaire.

Les nouvelles normes européennes sur les émissions de CO2, qui entreront en vigueur dans moins de deux ans, ont pour but de réduire de 37,5 % les émissions du secteur automobile d'ici à 2030. Les constructeurs n'ont plus le choix, ils doivent se mettre à l'électrique vite et dans une très large mesure au risque d'amendes dont aucun ne souhaite supporter le montant, tant elles sont dissuasives. Dans une lettre ouverte au Président Emmanuel Macron, le patron de PSA (qui, selon nos informations, n'a jamais obtenu de réponses à ce jour) a insisté sur l'aspect industriel stratégique pour l'Europe face à la puissance chinoise dans ce domaine. "Qui aujourd'hui est en train de se soucier de traiter de la question des mobilités propres dans leur globalité ? Quelles solutions pour la fabrication de batteries, le recyclage des batteries, l'exploitation mais également l'approvisionnement en terres rares, la nature de la production d'électricité, etc. ?", s'est-il ainsi interrogé.

Aujourd'hui, 30 à 35 % de la valeur ajoutée d'une voiture se cristallisent autour du moteur et de la boîte de vitesses. Sur la voiture électrique, la création de valeur se fait au niveau de la batterie. La différence c'est que dans le premier cas, l'opération est faite en Europe de l'est, dans le second c'est en Corée du sud ou en Chine. L'Europe fera ainsi cadeau d'un tiers environ de la valeur ajoutée de l'industrie automobile et de ses sous-traitants à l'Asie, sur fond de pressions écologiques et politiques considérables. Les consommateurs supportent de moins en moins le made in China et les allers et retours des avions pollueurs nécessaires. Mais surtout, l'ouvrier européen qui sait faire des moteurs diesel ne pourra pas se mettre du jour au lendemain au savoir-faire de la batterie électrique. En tout état de cause, l'Europe ne dispose pas d'usines capables de faire ces batteries, une industrie répétitive lourde aux rendements croissants qui nécessite par définition des investissements initiaux extrêmement coûteux.

Plutôt que de traiter cette question dans la transparence, en ouvrant aussi le débat avec les syndicats de l'industrie pour une solution collective intelligente, le gouvernement se mure dans un silence qui nous coûtera cher dans les années à venir. Bien sûr, nous ne pourrons pas revenir sur nos objectifs climatiques et écologiques. Nous avons besoin de ces batteries électriques pour faire la voiture la plus utilisée de demain. Mais comme pour chaque sinistre industriel que l'Europe a connu au cours de l'Histoire, les États devront mettre la main au porte-monnaie, eux qui sont déjà dans une folle spirale budgétaire, pour sauver le million d'emplois que la bonne stratégie asiatique menace.

 

 

 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article