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Régulation / Concurrence / industrie / secteur bancaire / Batteries électriques / Unicredit / Société Générale / BNP Paribas / Deutsche Bank

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La banque française au défi de la révolution numérique

Des milliers d'emplois sont encore menacés chez UniCredit, après les annonces de Deutsche Bank. C'est à se demander si la France n'est pas elle aussi assise sur une bombe à retardement.
Unicredit - logo
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UniCredit pourrait encore supprimer des milliers d'emplois, jusqu'à 10.000 au total. C'est près de 12 % de ses effectifs. Une annonce majeure pour le milieu après celle du groupe allemand Deutsche Bank qui a présenté à la mi-juillet le plus grand plan de restructuration de son histoire, avec la suppression de 18.000 emplois, mettant soit dit en passant définitivement fin aux rêves de grandeur internationale de la première banque allemande. De son côté, Société Générale annonçait en avril supprimer 1.600 postes, quand BNP Paribas prévoyait, elle, de supprimer 640 postes d'ici à la fin 2020. Bien sûr, les coupes dans les ressources humaines sont toujours douloureuses, mais il faut dire que les banques françaises s'en sortent bien mieux que d'autres établissements européens. À moins qu'elles refusent de voir la vérité en face. De sorte que l'industrie bancaire française serait en fait assise sur une bombe à retardement.

Avant, le milieu pensait que tout se ferait depuis l'automate bancaire, pivot de la banque du futur. Maintenant, l'industrie l'a compris, tout se fait et se fera depuis les smartphones, de la création d'un compte à l'obtention d'un prêt de plusieurs centaines de milliers d'euros. La numérisation en quelques clics des documents à fournir, les applications mobiles grâce auxquelles les virements de compte à compte sont possibles, la reconnaissance biométrique faciale, et les discussions en ligne sur le chat des sites avec des conseillers qualifiés, ont rendu obsolètes les agences, et tout le back office administratif. Après les bains de sang de la sidérurgie et du textile, l'industrie bancaire pourrait bien faire partie des prochains grands sinistres industriels de l'Europe. Ce que la France semble tout à fait ignorer à ce stade, tant elle décide de tailler les effectifs à petits coups de cisaille, contrairement à ses homologues européens qui ont choisi de radicalement déboiser le paysage.

Prenons UniCredit et Société Générale (qui sont tellement comparables qu'elles avaient envisagé une fusion entre égaux). Depuis l'augmentation de capital réalisée par la Banque italienne, les deux établissements ont retrouvé une capitalisation comparable. Mais la SocGen emploie 148.000 personnes dans le monde, contre 86.000 pour UniCredit, qui a déjà supprimé 14.000 postes ces dernières années. Et pourtant la SocGen a une banque de détail (52 % de ses revenus) moins puissante qu'UniCredit (59 %). Autrement dit, la banque italienne fait mieux avec moins.

Il reste que c'est un sujet délicat parce qu'il touche à des considérations sociales majeures. Mais tant le secteur que les politiques publiques ne pourront pas ignorer longtemps ce sujet. D'autant plus que les start-up de la finance et autres nouveaux entrants 2.0 viendront encore concurrencer directement la maîtrise de l'industrie et de sa chaîne de valeur. En fait, la transformation numérique, qui est déjà bien entamée, ne pourra s'achever que de l'intérieur. Ce sera un choc structurel d'envergure, qui aura des conséquences bien plus graves si l'on ne prend pas le problème à la base dès maintenant. Il faut d’ores et déjà réfléchir à rediriger ces employés vers de nouvelles industries en croissance. Par exemple vers les fournisseurs cloud, les systèmes d'exploitation mobiles ou tout autre prestataire technologiques pour qui la demande explose.

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